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Cinéma de fiction et troubles de l’apprentissage

Clientèle :

Élèves qui présentent des troubles d’apprentissage de la lecture et de l’écriture ( dyslexie et dysorthographie) et du déficit d’attention avec ou sans hyperactivité.
Ces élèves de 13 à 16 ans sont de niveaux différents dans les matières de base, allant de la troisième année primaire au secondaire trois.


Personne responsable :
Johanne Savard

Commissions scolaire de Montréal, école secondaire Évangéline


RÉSUMÉ : 

Ce projet stimulant a permis à ces élèves de dépasser leur sentiment d’échec et d’apprendre à s’entraider. Deux objectifs essentiels : ils ont appris à connaître la réussite et aussi à s’intégrer dans un groupe. Il s’est ensuivi une meilleure persévérance scolaire et une fréquentation assidue. Réaliser un film a nécessité la coopération des élèves à toutes les étapes de la création : scénario, découpage technique, plan de tournage, tournage, montage… Créer signifie aussi résolution de problèmes : les élèves développent la pensée complexe. En leur fournissant un cadre propice à la réalisation filmique, nous avons pu constater leur épanouissement, leurs extraordinaires créativité et curiosité. Le thème choisi par les élèves pour ce projet a été le souvenir : les personnes âgées détenant plus de bons souvenirs que les jeunes d’aujourd’hui. Ici, les élèves ont développé une critique du monde actuel et de ses valeurs. Comme nous avions plus de jeunes élèves cette année, il n’y aura qu’une version de travail montée. Un tel projet avec de jeunes élèves à peine sortis du primaire prendrait deux années à mettre à terme. 



OBJECTIFS :


Ce projet relève du domaine des arts (arts plastiques, musique et art dramatique), du domaine des langues (français) et du domaine du développement personnel (enseignement moral).

En arts plastiques, l’élève crée des images médiatiques : il exploite des idées en vue d’une création médiatique ; il exploite des gestes transformateurs et des éléments du langage plastique en fonction du public cible et il structure sa réalisation médiatique.

En musique, l’élève expérimente des moyens sonores, des éléments du langage musical. Il expérimente des façons de matérialiser ses idées et choisit les éléments les plus signifiants en rapport avec son intention de création et procède à des ajustements de certains éléments afin de rendre cohérent l’image, l’histoire et le son.

En art dramatique, l’élève expérimente différentes façons de rendre le contenu et l’émotion des scènes.

En français, l’élève écrit des textes variés : il élabore un texte cohérent ; fait appel à sa créativité et met à profit et acquiert des connaissances sur la langue, les textes et la culture.

En morale, l’élève se situe par rapport au problème et exprime les émotions qu’il suscite ; il considère les opinions de ses pairs et dégage les raisons utilisées pour faire valoir des opinions et des points de vue

DÉROULEMENT :

Préparation : de septembre à janvier

Mise en commun des problématiques des élèves. Réflexions, discussions, courtes rédactions des raisons pour lesquelles la classe devrait choisir telle ou telle problématique. Participation de l’agent de milieu, s’il y a lieu, ou d’autres intervenants en lien avec les problématiques soulevées. Cette année, l’animateur professionnel a participé à cette démarche. Nous avons filmé les élèves pendant les discussions et nous y sommes revenus ponctuellement, notant les bonnes idées. Vote secret sur le thème du film.

Atelier de l’ONF sur la pixillation.

Recherche sur internet, dans les livres, revues, articles de journaux. Prises de notes et discussions. Ici, comme le thème était les souvenirs, nous avons discuté du mode de vie des grands-parents et du nôtre, des besoins versus des désirs, des grands drames historiques et des drames actuels. Rédactions de nombreux synopsis. Les élèves doivent expliquer et défendre leurs synopsis. Vote des élèves. À partir du synopsis choisi, rédaction du scénario et du découpage technique.

Visionnages de films et analyses en classe. Il s’agit tout autant de l’analyse du fond que de la forme. Écoute de différentes musiques expérimentales, électroaoustique et d’ambiance. Discussions sur les émotions suscitées par la musique et les sons.

Rencontres avec un scénariste et un réalisateur.

Réalisation : de février à mars

Précision du découpage technique. Le film de fiction contiendra quelques scènes animées, soit à l’ordinateur ou avec des techniques plus traditionnelles pour le générique. 

Rencontres avec un animateur pour la conception du storyboard.

Trois ateliers de théâtre d’objets avec un comédien du Théâtre de la Pire Espèce pour la mise en scène et l’utilisation de l’espace.

Les élèves élaborent en détails le découpage technique et décident du plan de tournage. Ils anticipent les difficultés de tournage. Ils font des repérages de décors et trouvent les acteurs. Répétitions avec les acteurs et pratique de la pixillation. Pour les acteurs, nous avons décidé que ce serait des élèves de la classe.

Atelier des cinémas Parallèles. Rencontre avec M. Macé de Gastines, preneur de son sur le Sedna IV.

D’avril à mai

Les élèves décident du rôle de chacun dans l’équipe de tournage. Ils tournent et recommencent jusqu’à ce qu’ils soient satisfaits. Par contre, chacun pourra monter une scène à l’ordinateur. Ils s’entraident, ceux qui montaient la scène précédente aidant ceux qui travaillent à l’ordinateur ensuite.

Parallèlement, les élèves l’ayant choisi préparent les scènes animées : décors et personnages.

Nous sommes allés voir la pièce de théâtre d’ombres et d’objets intitulée Roland et réalisée par le Théâtre de la Pire Espèce.

Montage à l’ordinateur (en partie) et élaboration de la bande sonore à l’ordinateur. Rencontre avec un compositeur de musique d’ambiance.
Retour sur le premier montage et amélioration. 


Juin

Visionnages dans les autres groupes et amélioration du film grâce à leurs critiques.
Réalisation du DVD .

Exposition et présentation au gala de fin d’année
Bilan de l’expérience en classe.

*L’italique indique ce qui n’a pas été réalisé.



MODES D’ÉVALUATION DES BÉNÉFICES OU RÉSULTATS UTILISÉS :

L’évaluation se fait sous forme de portfolio où sont consignés, en plus des textes et des recherches des élèves (recherches graphiques surtout), les observations ponctuelles de l’enseignante sur le travail coopératif et l’atteinte des compétences ciblées.



Conditions facilitantes :

Possibilité, grâce à la subvention, d’avoir accès à plusieurs personnes ressources de façon répétée afin de créer un lien de confiance avec les élèves, ce qui leur donne accès à cet univers particulier de la création artistique professionnelle. La création a donc un poids et une valeur.

Le soutien de la direction qui m’a permis d’aménager un horaire permettant des blocs de deux cours et ce, 3 fois neuf jours (Projet fixé dans la grille horaire) et qui a accepté l’achat de matériaux au fur et à mesure des besoins.

Nombre d’élèves raisonnable.

Un local réservé spécifiquement au projet a permis aux élèves de laisser les décors sur place et de continuer sans avoir à tout replacer d’un cours à l’autre.

Ordinateurs disponibles.

Formation en cinéma d’animation de l’enseignante en charge du projet.

Des libérations afin de faire le point sur le travail des élèves et de vérifier leur organisation, leurs évaluations et, de régler des difficultés techniques avec le technicien de l’école en plus de placer les projets sur le site de l’école avec l’aide de l’enseignante en charge du site.

Difficultés rencontrées :

Les élèves plus jeunes reçus cette année présentaient une problématique plus complexe que les élèves des années précédentes. Ils étaient moins autonomes et avaient plus de difficultés à maintenir leur attention, à s’organiser et à manipuler la matière. De plus, certains étaient plus de niveau premier cycle du primaire que du deuxième cycle.

Les cours prévus se donner en team avec l’enseignante titulaire ont été interrompus en janvier. Le projet n’a donc pas pu avancer aussi vite que désiré puisque des élèves faisaient de la rééducation pendant certains cours alloués au projet.

Malheureusement, la formation sur le Portail de la CSDM a été annulée. J’aurais aimé y placer le petit documentaire des élèves et leur ébauche de film.




BÉNÉFICES OU RÉSULTATS OBTENUS

Les objectifs escomptés au plan des compétences ont tous été atteints sauf en musique, faute de temps.

Matières :

  • Art dramatique : interpréter des œuvres dramatiques ;
  • Arts plastiques : créer des images médiatiques ;
  • Français : lire et apprécier des textes variés, écrire des textes variés et communiquer oralement selon des modalités variées ;
  • Morale : se positionner, de façon réfléchie, au regard de situations comportant un enjeu d’ordre éthique.

Projet :

Compréhension du mouvement (visonnage de films d’animation et d’arts et exercices d’animation : flip book, pixillation et expérimentation avec différents matériaux) et du phénomène de la persistance rétinienne.

Développement de la pensée critique par le biais d’analyses de films et de textes concernant leur thème et compréhension du lien entre la qualité de l’image, le rythme du mouvement et le message.

Réalisation du scénario : tous les élèves actent les scènes du scénario.

Réalisation du storyboard et évaluation du temps de chaque plan. Les élèves actent encore.

Création de décors et de personnages en lien avec le message du film en tenant compte du public ciblé.

Tournage par les élèves du film en suivant un plan de tournage élaboré surtout par l’enseignante à partir de leur storyboard : cette tâche étant excessivement complexe. Les élèves planifient le tournage et organisent l’enchaînement des plans.

Montage par tous.

Par contre, le résultat filmique accuse de sérieuses lacunes. Il nous aurait fallu au moins six mois de plus. Au départ, puisque le projet devait se faire en team teaching, les élèves bénéficiaient de blocs de deux cours. Nous avons donc évalué la tâche selon ces critères. Malheureusement, en janvier, les cours collés ont été divisés et un sur deux utilisé pour la rééducation de la dyslexie avec l’une des enseignantes. Nous avons donc avancé très lentement n’ayant plus que la moitié des cours. La version qui sera disponible sur le site de l’école, si tout va bien, intercalera des scènes réelles et le découpage technique pour celles qui ne seront pas tournées. Une narration en voix off soutiendra l’image.

Les élèves se sont interviewés en rapport avec leur travail. Dans ce court-métrage, ils nous font part de leur démarche et de leurs préoccupations. Nous pouvons constater qu’ils ont développé indubitablement leur esprit critique. Ce film de 13 minutes sera, je l’espère, disponible sur le site de l’école.

Résumé des résultats

Les élèves ont développé plus d’autonomie et un sentiment de compétence face à leurs apprentissages en général et leurs possibilités de création artistique en particulier. Le site de l’école représente une bonne source de diffusion, mais il ne sera possible de le consulter qu’au mois d’août ou en septembre au http://www.csdm.qc.ca/evangeline.

Ils ont plus de méthodologie et ont une meilleure organisation spatiale et temporelle : le cinéma d’animation fonctionnant en séquences et en division du temps.

La réflexion sur le thème à caractère environnemental leur a permis de développer leur jugement critique.

Le travail du sens du film (son et image), les analyses, le développement de la métaphore de leur film les ont amené à faire plus de liens, à développer la pensée réflexive.

Les invités travaillant dans différents domaines leur ont permis de s’ouvrir sur le marché du travail.

Enfin, le travail en coopération et en grand groupe les ont amenés à développer des habiletés sociales essentielles à la vie en communauté.


L’enseignante en charge du projet a, quant à elle, amélioré ses connaissances des tics puisqu’elle devait enseigner aux élèves à faire leur montage.


MOYENS NOVATEURS ET RESSOURCES MISES À CONTRIBUTION

  • Utilisation de l’informatique et de différents logiciels de montage ;
  • Utilisation de caméras ;
  • Recours à des professionnels du monde de l’animation, du cinéma et du théâtre
  • Recours à Madame Carole La Pan, enseignante et personne ressource pour le site internet de l’école.


RECOMMANDATIONS

1. Les élèves doivent décider eux-mêmes du thème du film et être conscients de l’ampleur de la tâche.

2. Les activités de français, de morale, d’histoire, etc. doivent être, le plus possible, greffées au projet.

3. Afficher les informations, les décisions du groupe, les bonnes compositions en lien avec le projet, le scénario final, le découpage technique, etc. Bref, tout ce qui est possible de laisser à la vue des élèves afin de nourrir leur réflexion et leur créativité. Leur permettre d’écrire sur ces documents.

4. Les encadrer en tout temps afin d’éviter qu’ils s’orientent vers des scénarios stéréotypés.

5. Leur donner accès à une grande variété de films d’animation ou d’art.

6. Faire des tests afin qu’ils se rendent compte de ce que c’est que la persistance rétinienne et des difficultés reliées à certaines techniques d’animation. Qu’ils sachent qu’ils devront recommencer maintes et maintes fois un même plan. Que vos attentes soient très élevées, autant que votre disponibilité et votre soutien.

7. Visionner chaque résultat en grand groupe et commenter. Si possible, un élève sera officiellement désigné pour garder les traces du travail de l’année.

8. Inviter le plus possible des collègues ou d’autres membres adultes à venir voir les élèves au travail lors de la réalisation des décors et des personnages afin de souligner l’importance du projet.

9. Même lorsque le scénario est complété, continuer à susciter des discussions sur le thème, à apporter de l’information : ceci permet, entre autres, d’apporter ces détails savoureux qui en feront une œuvre.

10. Afin de favoriser la coopération, lorsqu’un élève a terminé sa tâche, vous lui demandez d’en aider un autre : les élèves en arrivent par le faire d’eux-mêmes. De plus, vous leur permettez de ne pas se cantonner dans une seule tâche : à la fin de l’année scolaire, ils doivent avoir fait le tour de l’ensemble des rôles de la production : il s’agit d’un succès collectif. Au tout début de la réalisation, j’ai regroupé les élèves en équipe de trois et, dans cette équipe, il y avait un élève ressource. Les deux autres élèves devaient le consulter avant de venir me poser des questions. Ainsi, très souvent, ils trouvaient la réponse d’eux-mêmes. Ils apprenaient alors à se faire confiance.

11. Faire de chaque visionnage, en cours de route, un événement : inviter des collègues, des intervenants, la direction ou profiter de la venue d’une personne-ressource. Être récompensé, c’est être reconnu.


DIFFUSION DU PROJET

http://www.csdm.qc.ca/evangeline/projet_dyslexie.html







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