Accueil du site* Publications officielles MELSMesure 30054Bilans-An 6Présentation des projets
DVD sur stratégies de communication pour les personnes ayant à communiquer avec des élèves déficients auditifs

Clientèle :
Élèves qui ont une surdité de légère à sévère (malentendants). Le mode d’expression privilégié à l’école est "oraliste".

Personne responsable :
Alain Tisluck

Commission scolaire de Montréal, école Saint-Enfant-Jésus



Résumé :

Les élèves malentendants visés avaient à créer un scénario pour démontrer les difficultés de communication entre eux et leurs pairs qui entendent bien de l’école. Le personnel de l’école qui intervient auprès d’eux était ciblé. Le scénario fut élaboré avec les deux classes participantes au projet (11 élèves) en tempête d’idées.Il fut convenu que le message (stratégies de communication) serait passé en capsules intercalées dans un petit film avec intrigue mystérieuse jouée par les élèves à la manière de capsules publicitaires. Donc, deux scénarios parallèles furent élaborés avec l’aide des élèves participants. Les élèves ont participé à toutes les étapes du film : écriture, entrainement devant les caméras, visite à l’Office National du Film pour une familiarisation des techniques et effets. Le tournage et le montage final furent réalisés par un professionnel de l’image. Les élèves se sont quand même exercés à tourner et monter des bouts de films. Finalement, après des semaines de travail ardu, l’équipe aura produit un DVD multiplié en plusieurs exemplaires. Ils seront disponibles pour soutenir la sensibilisation aux stratégies de communication avec les élèves malentendants qui est faite à chaque début d’année scolaire par les orthophonistes et enseignants en déficience auditive. 

Objectifs

Les élèves ont participé au projet tout en sachant qu’il y aurait une partie "intrigue" d’intercalée aux stratégies de communication. Donc, le projet visera à démontrer les problèmes de communication qui peuvent survenir dans des situations de vécu scolaire (autant en classe ou la cour d’école que dans les sports pratiqués en éducation physique. Ainsi, à chaque problème évoqué, nous présentons des pistes de solutions pour améliorer la communication dans ces circonstances particulières. Tout le personnel de l’école aura dorénavant un support visuel (DVD) pour appuyer la sensibilisation annuelle qui est faite au début de l’année scolaire. Un lien internet sera aussi disponible sur le site de l’école pour rendre disponible le même vidéo en version "Flash" pour tous les autres milieux qui auraient besoin d’appuyer une telle sensibilisation dans leur institution d’enseignement.

Déroulement

 Nous avons d’abord avisé nos élèves que nous allions tourner un petit film sur des moyens de communiquer efficacement avec les malentendants, sans entrer dans les détails. Au mois d’octobre 2007, nous avons réservé un atelier à l’Office National du Film (ONF) où on nous expliquait comment un film était tourné. Les élèves ont pu expérimenter quelques techniques de tournage. Ils ont manipulé les caméras et participé à l’élaboration d’ effets spéciaux. Ils ont également été initiés au montage.

 Plus tard, au mois de décembre 2007, nous avons parlé avec nos élèves des stratégies de communication à développer pour améliorer leur fonctionnement dans un groupe, dans l’école ou dans leurs relations avec les personnes qui n’ont pas de surdité.

C’est au retour du congé des fêtes (janvier 2008), que nous avons convenu de faire un film en deux parties : soit une partie "intrigue mystère" pour accrocher les téléspectateurs, entrecoupée de capsules sur les stratégies de communication (à la manière de pauses publicitaires).

 La partie "intrigue mystère" fut décidée après plusieurs séances de remue-méninges(?). Les élèves et les enseignants impliqués choisirent de partir d’un événement déjà vécu quelques années auparavant avec le système MF en classe. Les sujets des capsules sur les stratégies de communication furent décidés en mars et avril 2008 par les deux enseignants impliqués. Tous les dialogues furent composés par les élèves participants. Le tournage a eu lieu au mois de mai 2008. La réalisation des scènes fut entreprise dans les règles de l’art cinématographique (clapiste, scénario tourné en désordre, etc.).
 

Mode d’évaluation

Les élèves qui ont participé à ce projet (tous) ont appris comment se réalise un film et quelles sont les contraintes (défis techniques) pour arriver à un produit fini valable. Nous avons profité de l’élaboration des scénarios pour approfondir la façon d’écrire des dialogues tout en respectant la ponctuation. Plus tard , ce fut l’intonation , l’expression et l’émotion à utiliser pour transmettre son message. 

Nous avons constaté que les élèves ont gagné de l’assurance et de l’aisance à s’exprimer devant la caméra. Ils ont aussi compris en s’exerçant sur des bouts de films, comment on pouvait réaliser un produit fini avec des scènes éparpillées. 

Ils ont assurément évolué dans leur façon d’écrire leur texte. Nous avons constaté par la suite que, lors de situations d’écriture, la plupart des élèves ont choisi d’écrire une aventure où les dialogues entre personnages étaient présents. Ils étaient plus à l’aise avec ce genre de récit.

Moyens novateurs

Les scénarios ont été écrits par les élèves (les enseignants ont participé aux nombreuses corrections). Un professionnel du cinéma nous a fourni un gabarit type (fichier d’ordinateur) sur lequel nous avons transcrit le déroulement et les dialogues. Une fois ceci réalisé, il fut facile un mois plus tard, d’entreprendre le tournage et de comprendre, de constater la progression vers un message clair. Les élèves se sont exercés avec les caméras HD de l’ONF et le logiciel "iMovie" en classe, mais par la suite, nous avons engagé un professionnel de l’image pour le tournage et le montage final. 

Conditions de réalisation

Il est certain que le début du projet fut laborieux à mettre en place. L’échéancier prévu fut difficile à respecter pour diverses raisons (suppléances non disponibles en début de projet pour libérer les deux enseignants impliqués, tempête de neige, évacuation de l’école pour la sécurité relative aux toits enneigés, etc.). Au début du projet, nous avons décidé avec l’accord de la direction de nous adjoindre les services d’un professionnel du cinéma pour filmer, monter et produire les exemplaires du DVD en raison de l’absence de matériel informatique capable de réaliser toutes les étapes précédemment décrites. Ces lacunes au niveau du matériel informatique furent comblées au mois de février, mais nous avons poursuivi avec le professionnel mis sous contrat avec nous. Son expertise et sa façon de communiquer avec les élèves furent bénéfiques pour eux.

 La réalisation d’un tel projet fut accaparante au mois de mai en terme de temps à tourner des scènes et à ne pas faire les apprentissages planifiés en début d’année. Mais l’expérience vécue comble amplement les situations d’apprentissage que nous n’aurons pas pu faire. Cela a donné aux élèves une confiance en eux.

Nous avons eu à inviter plusieurs intervenants et autres élèves de l’école à participer au film . La coordination du tournage avec tous ces ajouts fut difficile à planifier mais tous étaient très flattés de participer à notre projet qui suscitait beaucoup d’intérêt.

Bénéfices ou résultats

L’expérience cinématographique fut très bénéfique pour les élèves des deux classes participantes. Ces élèves sont friands de films avec effets spéciaux (gros consommateurs de films) et avec leur participation, ils ont constaté la complexité d’arriver à un produit fini. Comme mentionné dans le paragraphe précédent, beaucoup d’autres élèves (et intervenants de l’école) ont eu à apparaître dans ce film et tous sans exception y ont mis les efforts nécessaires à la réussite de leur scène.
 

Recommandations

Nous avons toujours des bonnes intentions en début d’année scolaire pour aller rapidement de l’avant avec le projet mais, nous attendons malheureusement trop longtemps pour nous mettre en marche. Ceci pour diverses raisons : connaître mieux nos élèves, les objectifs techniques irréalisables (informatique), etc. Il faudrait donc idéalement commencer au début du mois d’octobre et s’assurer d’avoir du matériel informatique à niveau pour réaliser ce qui était prévu dans le projet soumis.

Un tel projet pourrait être également réalisable pour d’autres types de clientèle EHDAA où des stratégies de communication entrent en ligne de compte pour établir une relation efficace avec eux. L’adaptation des scénarios serait possible.

Diffusion du projet

http://www2.csdm.qc.ca/st-enfant-jesus/projet_en_flash.html




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