Accueil du site* Publications officielles MELSMesure 30054Bilans-An 7
Vivre Les Mots

Clientèle : Enfants Dysphasiques (Trouble Primaire Du Langage Oral)

Personne responsable : Frédéric Proulx, Chantal Beauregard

Cs de Montréal , école Marie-Favery

 

Résumé du projet

Le projet s’adresse à des élèves ayant une dysphasie sévère, scolarisés dans une "classe langage". Pour la majorité d’entre eux, le français n’est pas leur langue première. En septembre 2008-2009, ils poursuivaient une 1ère année du 1er cycle du primaire (certains élèves sont maintenant en deuxiéeme année du premier cycle). Ces élèves, au moment de l’élaboration du projet et encore maintenant, ont besoin de développer leurs habiletés de langage et de communication à l’oral tout en développant leurs compétences relatives au programme d’apprentissage. Des approches et outils adaptés leur sont essentiels pour y parvenir et c’est ce qui manque cruellement dans le système scolaire actuel. Nous (un orthopédagoogue et une orthophoniste) devont donc développer ces approches et outils répondant aux besoins spécifiques de nos élèves pour favoriser leurs apprentissages. Le travail en collaboration et en équipe est essentiel pour assurer des interventions concertées et le réinvestissement en classe au quotidien. Malheureusement, pour trouver le temps de travailler en équipe, c’est souvent plus compliqué qu’on le pense.

Le présent projet visait globalement à élaborer et à actualiser des outils et approches en retenant les TIC à la fois comme objet et outil d’apprentissage et d’enseignement. Il devait nous permettre d’obtenir du temps de concertation et de création et du support professionnel et matériel.
Nous devions mettre l’accent sur l’acquisition du vocabulaire en utilisant des technologies de l’information et de la communication : un logiciel idéateur, la photographie numérique, un site WEB, etc. À partir d’expériences, d’activités et sorties reliées à un thème central, donc dans des contextes signifiants, les élèves devaient développer leur vocabulaire.

Pour chacun des thèmes abordés, ils devaient apprendre à exploiter un logiciel idéateur qui permet l’acquisition et la rétention du vocabulaire et des concepts divers (construction de réseaux sémantiques). Au cours de chaque expérience de vie, ils devaient apprendre à photographier, à classifier leurs photos et à les utiliser pour créer les pictogrammes de leur dictionnaire ainsi que pour compléter leurs réseaux sémantiques. Leur banque informatisée d’images devait être utilisée pour créer les supports visuels signifiants essentiels au développement de leurs habiletés et compétences dans différentes sphères d’apprentissage. 

 

Problématique

Voici les raisons (problématiques) qui ont mené à la création du projet.

Les élèves qui entrent dans ma classe ont un faible vocabulaire, éprouvent beaucoup de difficulté à apprendre et utiliser de nouveaux mots et plusieurs présentent un trouble d’accès lexical. Dans mon groupe, leurs difficultés sont d’autant plus importantes qu’ils sont en majorité en apprentissage du français (5 sur 8)

Pour apprendre les mots et développer des stratégies visant à faciliter l’accès lexical, mes élèves ont besoin : d’apprendre les mots dans des contextes signifiants, de les réutiliser, les réinvestir, de les généraliser dans des contextes diversifiés ; de créer des liens entre les mots, de les relier à leurs "connaissances antérieures", d’en explorer le sens, la forme sonore et la forme écrite, de connaître "leur rôle" dans la phrase et de les classifier (classes grammaticales, regroupements sémantiques).

Pour apprendre, développer des compétences en français, lecture/écriture, et en mathématiques entre autre, ils doivent développer leurs habiletés dans toutes les sphères langagières en étant exposés à un vocabulaire qui leur est familier. Mes élèves ont par conséquent besoin d’un enseignement, d’approches, d’outils continuellement adaptés qui assurent la micrograduation des objectifs et le respect du rythme d’apprentissage de chacun. Les supports visuels utilisés, lesquels leur sont essentiels, doivent référer à des situations, des concepts signifiants pour eux. Enfin, l’enseignement adapté doit répondre à leurs besoins. Il n’existe pas de "formules clé en main" pour répondre à leurs besoins spécifiques. C’est là que le projet entre en jeu.

Certains élèves présentent également des difficultés importantes au plan de la motricité fine. L’ordinateur pour "écrire" pourrait très certainement s’avérer être un outil essentiel au développement de leur potentiel. Faire de l’ordinateur, dès le début du primaire, un outil de travail au quotidien permettrait aux élèves de devenir plus habiles plus rapidement et de savoir utiliser l’outil efficacement non seulement pour faire des apprentissages à travers les jeux, mais également pour effectuer des tâches précisément reliées à leurs apprentissages en classe. Pour cela, nous avions besoin de formations et d’un accompagnement.

Pour les élèves de ma classe, l’alimentation fait l’objet d’une préoccupation, voire d’une problématique. Pour plusieurs, les connaissances et habitudes alimentaires sont très limitées. Pour certains, il est très difficile de s’ouvrir à la nouveauté, de "goûter", "d’apprécier". C’est ce qui a guidé le choix du thème central du projet : La nutrition.

Finalemenmt, compte tenu de la déficience spécifique et des besoins des élèves, la collaboration réelle et continue entre l’enseignant et l’orthophoniste est essentielle et exige du temps. De temps difficilement accessible dans un milieu comme le nôtre.

Objectifs

Développer le lexique (substantifs, verbes, concepts divers, déterminants, "connecteurs", etc.) et les connaissances générales des élèves en les amenant à vivre des expériences réelles, signifiantes et interreliées. Utiliser ce lexique et ces connaissances constamment réinvestis et enrichis pour développer leurs habiletés à d’autres niveaux : utilisation des TIC ; traitement sémantique ; morpho-syntaxe et métasyntaxe ; métaphonologie ; langage écrit (lecture/écriture/éveil à l’écrit) ; discours (compréhension/expression de divers types de textes ou messages). Exploiter les TIC à la fois comme objet et outils d’apprentissage.

Objectifs spécifiques aux TIC : 
1) Avec les élèves, créer une banque informatisée d’images signifiantes (ex. : photos d’objets, d’actions prises lors des expériences vécues ; au besoin enregistrement de vidéos ; pictogrammes numérisés ; etc.). 

2) Avec les élèves, classifier les images selon les regroupements retenus pour le dictionnaire (classes grammaticales, regroupements sémantiques). 

3) Avec les élèves, à partir de la banque informatisée d’images, créer un dictionnaire de mots classifiés (versions virtuelle et concrète). 

4) Pour ce faire, avec les élèves, créer "des pictogrammes" en y ajoutant le "mot-étiquette écrit" et la forme sonore du mot (enregistrement). 

5) Avec les élèves, élaborer des réseaux sémantiques (liens entre les mots, les concepts) en exploitant le logiciel idéateur et la banque informatisée d’images. 

6) Amener les élèves à saisir le lien entre le traitement de l’information dans le monde concret de la manipulation et le traitement de l’information dans le monde virtuel de l’ordinateur en leur faisant vivre des activités similaires dans les deuxenvironnements, en grand groupe et en réinvestissement individuel ;

7) Amener les élèves à pouvoir écrire à l’ordinateur selon leur niveau de développement en langage écrit (ex. : copier versus écrire selon ses connaissances).

Moyens pédagogiques novateurs

Pour développer leur vocabulaire et leurs connaissances, les élèves devaient vivre des expériences, des "explorations" qui les amèneraient à prendre des photos. 

À partir de leur banque d’images signifiantes et en exploitant plusieurs technologies de l’information et de la communication, notamment un logiciel idéateur, les élèves devaient créer leur propre dictionnaire et développer, par le fait même, leurs habiletés avec les TIC. 

À partir des outils qui devaient être développés avec les images de leur banque informatisée, ils devaient également être amenés à développer leurs compétences à divers autres niveaux. Les élèves allaient apprendrent à lire et à écrire à l’aide d’un bagage lexical illustré et organisé qui leur est familier.

À noter que l’utilisation des photos reliées à des situations vécues pour créer du matériel et des activités répondant à divers objectifs d’apprentissage équivaut à référer à des connaissances communes et à un vocabulaire familier pour permettre aux élèves d’apprendre.

L’élaboration de réseaux sémantiques à partir d’un logiciel idéateur permet d’établir des liens entre les connaissances, entre les mots, ce qui favorise l’apprentissage du vocabulaire et l’accès lexical.

Le développement d’habiletés au niveau de la phrase (production orale à partir des photos, construction d’une phrase avec pictogrammes et mots écrits) à partir de ce même vocabulaire permet à l’élève d’apprendre "à quoi sert" ce mot, son "rôle" dans une phrase.

La banque informatisée d’images, en constante évolution, offrent des possibilités "ouvertes" de création de situations d’apprentissage adaptées au rythme des élèves et au besoin de micrograduation des objectifs. Par ailleurs, ce projet peut facilement se vivre sur deux années et même davantage. Le dictionnaire et la banque de photos deviennent alors des outils "ouverts" pour tout le primaire. C’est justement ce qui va arriver !

Résultats

Les hypothèses :
Les élèves devaient développer leur lexique, acquérir des connaissances relativement aux expériences vécues et pourront faire des liens entre elles. Ils sauront représenter ces liens (avec images et mots) dans leurs réseaux sémantiques (logiciel idéateur).

Les élèves pourront utiliser l’appareil photo numérique et seront familiarisés avec l’utilisation ou, à tout le moins, la fonction du numériseur. Ils seront en mesure de chercher et classifier les images, les mots, dans leurs dossiers d’images, dans leurs dictionnaires concret et virtuel et auront les connaissances pour faire appel à la « fonction sonore » associée aux pictogrammes de leur dictionnaire virtuel.

Les élèves pourront créer les pictogrammes qui constituent leurs dictionnaires virtuel et concret (insérer une image, écrire le "mot-étiquette", enregistrer la forme sonore).

Les élèves réussiront à produire des phrases simples en manipulant concrètement et à l’ordinateur leurs photos d’actions et les pictogrammes de leur dictionnaire. Ils seront également capable d’écrire leurs phrases à l’ordinateur. Ils devraient aussi être capable de réinvestir leurs apprentissages dans les tâches individuelles.

Le partage à partir d’un site WEB, des objectifs, moyens et résultats reliés à ce projet, pourra certainement aider d’autres enseignants et intervenants à adapter leurs approches et leurs outils en exploitant les TIC de façon à répondre aux besoins spécifiques d’élèves présentant des difficultés de langage oral et écrit, de communication et d’apprentissage.

Les résultats :
Il n’y a malheureusement pas de résultat (ou si peu). Le fait est que le projet à été reconduit sur 2 ans et qu’il sera testé à 95% l’an prochain. Tout cela est expliqué plus loin dans la section du déroulement.

Toutefois, j’ai travaillé sur la manipulation des différents composants matériels du projet et j’ai remarquer que les élèves sont maintenant à l’aise avec le fonctionnement d’un appareil photo numérique et du numériseur de la classe. Ils sont aussi beaucoup plus à l’aise avec le fonctionnement de l’ordinateur en général et plus précisément des logiciels nécessaires à la réalisation du projet l’an prochain.

Pour le reste, s’il y a eu des progrès au niveau des élèves, ce n’est pas à cause de la réalisation du projet (techniquement il n’a pas eu lieu).

Mode d’évaluation du projet

Différentes tâches et contextes étaient prévus pour évaluer l’évolution des élèves relativement au langage oral et écrit, à la communication et à l’utilisation des TIC ; pour évaluer « l’impact » du projet sur le développement de leurs compétences. Ces tâches et contextes directement reliés aux TIC sont les suivants :

La version initiale (en début "d’exploration" ou au début des "blocs d’activités") de chaque réseau sémantique devait être conservée de façon à être comparée à la version finale (ex. : # de mots ; types de liens). La présentation de cette comparaison aux élèves devrait leur permettra de prendre conscience de ce qu’ils ont appris.

L’habileté des élèves à élaborer un réseau sémantique : à créer des liens entre des mots, à les écrire à l’ordinateur, à leur associer une image, en exploitant le logiciel idéateur, sera évaluée tout au long de l’année (l’an prochain)

À la fin du projet, chaque élève sera appelé à dénommer des pictogrammes sélectionnés dans son dictionnaire en utilisant la version informatisée. L’élève pourra lui-même vérifier l’exactitude de sa réponse en faisant appel à l’enregistrement sonore. L’habileté de l’élève à faire appel à cette fonction sera ainsi évaluée (L’an prochain). 

L’habileté des élèves à classifier des photos dans les dossiers informatisés et à classifier des pictogrammes dans le dictionnaire concret sera évaluée tout au long de l’année. Les activités seront faites en grand groupe ; chaque élève devra prendre son tour de rôle à l’ordinateur ou sera responsable de classifier dans son dictionnaire concret. Relativement au regroupements des mots, il sera noté si l’élève peut effectuer la tâche de façon autonome ou avec l’aide de l’adulte (identifier le bon dossier ou la bonne section). Relativement à l’utilisation des TIC, il sera noté si l’élève doit pointer sur l’écran ou s’il peut faire seul (L’an prochain).

L’habileté des élèves à "lire" et à "écrire" des phrases à partir de pictogrammes sera évaluée tout au long de l’année prochaine à partir d’activités de manipulation concrète et d’activités similaires à l’ordinateur (logiciel idéateur, Power Point). La version informatisée permettra entre autre d’évaluer si les élèves savent : 1. déplacer des images ; 2. copier ou écrire une phrase à l’ordinateur.

Au début et à la fin du projet, une liste à cocher d’habiletés de base relatives à l’utilisation de l’ordinateur sera remplie pour chaque élève. C’est la seule chose qui fut évalué sommairement et où il y a eu un progrès chez les élèves. Malgré le fait que les élèves n’ont jamais été au courant de l’existance du projet, j’ai passé beaucoup de temps à travailler la maîtrise des habiletés de base en lien avec l’ordinateur, les logiciels et le matériel qui servira à la réalisation du projet l’an prochain.

Note. Chaque élève pourra conserver son "Journal de dégustation" (versions concrète et virtuelle sur CD / journal complété après les "explorations-dégustations" d’aliments) ; non évalué

Toutes ces méthodes seront conservées pour l’an prochain en y ajoutant des niveaux de complexité en fonction du groupe de l’an prochain. Puisque ce ne sera pas exactement les mêmes élèves, il pourrait y avoir une augmentation ou une diminution des objectifs et une modification des mode d’évaluation en lien avec ces changements..

Déroulement

L’échéancier n’a malheureusement pas été respecté.

Tout a débuté avec la nouvelle, au mois de septembre, que l’orthophoniste travaillant sur ce projet allait devoir s’absenter pour un congé de maladie. Puisqu’il y avait une chance qu’elle revienne avant les fêtes de Noël, nous avions décidé que je devais continuer à travailler sur le projet pendant son absence. Puisque le mois de septembre devait servir pour la préparation du projet, j’ai donc rencontrer la personne support de RÉCIT et nous avons commencer à travailler sur les meilleurs moyens technologiques pour parvenir à réaliser le projet. Cela nous a pris environ deux mois. Cela fut beaucoup plus long que ce qui avait été prévu au départ.

Ensuite, au mois de novembre, lorsque nous aurions été prêt à commencer, nous avons appris que l’orthphoniste ne reviendrait pas de son congé. À partir de cette annonce, au mois de décembre, nous avons pris la décision (moi et Martin Vaillancourt de Récit) que le projet serait reporté.

 

Conditions particulières

Suite du déroulement : De janvier à Juin, nous avons travaillé et nous continuons à le faire pour préparer davantage le projet pour l’an prochain. J’ai testé un bloc d’activités (un autre que ceux prévus) pour avoir une meilleure idée du temps qu’il faudra mettre pour les différentes activités. De plus, nous avons continuer des tester des logiciels et à préparer du matériel pour l’an prochain.

Ce qui a compliqué. : Le départ de l’orthophoniste a complètement modifier la réalisation du projet. Nous devons maintenant le réaliser sur 2 ans. Nous avons donc fait environ 10% de ce qui devait être fait.

Ce qui a facilité le projet : Le temps supplémentaire de préparation que j’ai eu me permettra de commencer le projet plus tôt l’an prochain et de le faire presque seul (si jamais l’orthophoniste n’était pas là en septembre).

De plus, l’année supplémentaire de préparation a rendu le projet est beaucoup mieux organisé avec des des méthodes/outils de travail beaucoup plus intéressants.

 

Ressources humaines

Au début du projet, un animateurs du RÉCIT a pu répondre à notre besoin de formation et d’accompagnement (enseignant et orthophoniste) relativement à l’exploitation des ressources TIC nécessaires à l’élaboration du projet et aux outils à développer. Il était venu nous voir l’an passé et est revenu en septembre.

En cours d’année, je l’ai rencontré (Mr.Vaillancourt) à trois autres reprises pour mettre en commun nos trouvailles, tester des logiciels, se familiariser avec le potentiel de ceux-ci et pour construire un système simple pour la réalisation du projet. Nous recherchions la façon la plus simple pour les élèves de réaliser ce que nous avions en tête.
 
En fin d’année, nous devions recevoir de l’accompagnement pour la remise du bilan au MELS et la finalisation du site WEB. Cela n’a pas été demandé parce que c’était non nécessaire.

Il y a aussi eu l’aide du Technicien en informatique dans le milieu scolaire :
Une collaboration (pour l’an prochain) a été établie avec

le technicien en informatique de la C.S.D.M. rattaché à l’école Marie-Favery. L’enseignant et l’orthophoniste peuvent compter sur ses services techniques au cours de l’année, selon les besoins. Je lui ai bien expliqué le projet et il est prêt pour l’année prochaine. Il nous a déjà apporté des idées intéressantes (au niveau de la capacité des élèves et de moyens pour faciliter l’utilisation des TIC par les élèves).

***Bibliothécaire du Centre Patro Le Prévost :
La communication est déjà établie entre l’enseignant et la bibliothécaire. Les élèves fréquentent actuellement la bibliothèque du Centre une fois/3 semaines. L’élaboration du projet permettra une collaboration plus étroite et plus ciblée entre les intervenants et un "éveil au rôle de l’écrit" particulièrement signifiant chez les élèves. Une visite prévue en cours d’année auprès de "la personne aidante à la bibliothèque" vise à familiariser les élèves avec le rôle spécifique de cette personne capable de trouver les différentes sources d’informations dont on a besoin (livres informatifs, narratifs et autres références audio-visuelles et informatisées).

Pour ce qui est de la bibliothèque, nous avons poursuivi nos visites, mais pas dans le cadre du projet. Ce partenariat devrait pouvoir se matérialiser l’an prochain comme c’était prévu pour cette année.

 


Retour aux projets de l’an 7