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Réalisations cinématographiques pour élèves dysphasiques

Responsable du projet en milieu scolaire : Johanne Savard

 

Clientèle visée et ordre d’enseignement : Élèves dysphasiques , primaire Nom de l’école principale  : Ecole secondaire Évangéline, Cs de Montréal Résumé du projet :

 

Le projet Réalisations cinématographiques pour élèves dysphasiques a pour but de permettre à ces jeunes de développer différents outils technologiques en réalisant des courts métrages d’animation ayant pour thème « Moi et l’autre » afin qu’ils se situent dans l’entourage immédiat et dans l’école. Ces courtes réalisations sont combinées en un grand film afin de faire ressortir les différentes perceptions qu’ont ces jeunes d’eux-mêmes et de ceux qui les entourent. L’intention pédagogique est d’amener les jeunes à s’affirmer de façon positive grâce à une communication réussie et de leur permettre de développer ce médium qu’est le cinéma, d’apprécier l’apport des outils informatiques dans leurs réalisations et de multiplier les situations de communication. De plus, ce projet multimédia leur a permis de développer leur sentiment d’appartenance et l’estime de soi. Leur motivation et leur persévérance scolaire s’en sont trouvé améliorées. Certains adultes de l’école ont participé à ce projet : les orthopédagogues et l’orthophoniste et la psychoéducatrice. L’animateur du RÉCIT nous a permis de mieux orienter la démarche. De plus, des professionnels du milieu artistique sont venus présenter leurs réalisations et ont partagé leur expérience avec les élèves. Les élèves dysphasiques ont besoin d’explorer le plus de moyens de communication possible. Le cinéma d’animation offre un médium complet en soi qui leur permet de se développer tant au point de vue visuel, auditif que kinesthésique. Ce projet combine deux types d’animation : traditionnelle et 3D. L’animation traditionnelle permet à l’élève de transformer directement des matériaux (plasticine, dessins, diverses matières) qu’il filme et travaille à l’ordinateur en y ajoutant, grâce à certains logiciels, l’aspect sonore expressif qu’il pourra composer en tenant compte de son message. L’animation 3D lui permet de planifier et d’organiser directement à l’ordinateur de courts films d’animation. L’aspect kinesthésique est travaillé autant en animation traditionnelle qu’en 3D. L’élève est amené à acter et à ressentir les scènes qu’il conçoit, tout comme un animateur professionnel le fait. Pour cela, nous avons monté des activités avec le théâtre d’objets et l’animateur invité. Ces exercices développent l’anticipation, l’imagerie mentale et le décodage des messages non verbaux (grandes lacunes constatées chez nos élèves dysphasiques). Puisqu’une de nos préoccupations est d’améliorer la qualité du message, nous amenons l’élève à rendre ses œuvres non pas belles, mais expressives ; autrement dit, nous visons la construction d’un message la plus proche de son intention de communication. L’élève découvre qu’il a des points de vue et des opinions qui méritent l’effort fourni pour les partager. Il doit alors cibler un public, développer sa vision du monde et élaborer son message. Développer la créativité, l’autonomie et le sentiment d’appartenance grâce au cinéma d’animation en améliorant la qualité de la communication par le biais d’outils technologiques pour lesquels l’élève a déjà un intérêt marqué. Améliorer sa communication : déterminer le public cible et en tenir compte tout le long de la production, cerner son intention de communication, développer son message en respectant cette intention, vérifier la compréhension du récepteur et ajuster le message (persévérance).

Les moyens utilisés sont nombreux et variés

  • utilisation de l’informatique pour la recherche d’informations et la cueillette d’images ;
  • utilisation de logiciels d’animation et de montage tant sonore que de l’image ;
  • recours à des personnes ressources à l’école et à l’extérieur ; 
  • présentation de courts métrages réalisés par des élèves et par des professionnels suivie de leurs analyses ; 
  • présentations à différentes classes des courts métrages au fur et à mesure de leur réalisation et critique en classe ;
  • création d’un babillard exposant des photos des réalisations en cours ;
  • Diffusion sur le Portail de la CSDM, sur le site de l’école et sur YouTube ;
  • Participation à des festivals.

 

Voici les hypothèses de départ

  • 1.Tout d’abord, un tel projet ne peut qu’être stimulant pour l’élève puisqu’il part d’une problématique qui le touche profondément. Nous visons d’abord une meilleure perception de lui-même, le sentiment d’appartenance à son milieu et, ultimement, une communication plus efficace.
  • 2.Ensuite, l’élève découvrira qu’il a des points de vue et des opinions à faire partager en regard de son vécu. Il constatera qu’il se doit de se documenter sur la problématique choisie, s’observer et observer les autres, afin de construire son message, sa vision du monde et de cibler un public.
  • 3.Pendant la réalisation, il développera sa structure de travail, son organisation spatiale et temporelle, son imagerie mentale, son anticipation et son évocation.
  • 4.Pendant le tournage, le montage et la création de la bonde sonore, l’élève se rendra compte qu’il lui faut maîtriser de bonnes méthodes de travail, se référer fréquemment à son plan de départ et critiquer de façon constructive le travail en cours (persévérance et jugement critique).
  • 5.L’élève, au terme de ce projet, aura développé une vision du monde, qu’il pourra faire partager par le biais de son film de fiction, une plus grande autonomie et estime de soi.

 

Hypothèses 1 et 2

Effectivement, les élèves ont été très motivés par ce projet, mais le thème « Moi et l’autre » s’est avéré difficile puisque les élèves présentent dans l’ensemble une grande immaturité, donc peu de réflexivité. Sortir des lieux communs, en respectant le principe que toute idée doit provenir des élèves, a pris énormément de temps, d’efforts et d’approches différentes. Nous nous sommes retrouvés avec des scénarios de niveaux très différents d’une classe à l’autre, mais d’une grande simplicité. Nous avons dû, par manque de temps, commencer la production dans 2 classes sur 3 avant d’avoir trouvé la conclusion aux films. Les élèves ont développé une grande fierté pour leurs œuvres allant jusqu’à inviter des adultes et des jeunes de l’école pour visionner leurs films en cours de réalisation et, ensuite, pour vérifier la clareté de leur message.

 

Hypothèses 3, 4 et 5

Ces élèves, pour la plupart, ressentent une grande insécurité devant un nouvelle tâche d’où leur désarroi face à la réalisation de décors et de personnages, donc à la partie matérielle des films. J’ai dû planifier les tâches à réaliser pour chacun des élèves au fur et à mesure de la progression du projet et cibler un élève ressource afin de filter un peu les demandes. Au fil des mois, ils ont développé une meilleure assurance, une certaine autonomie et une bonne estime de soi. Par contre, pour la partie informatique, ils se sont rapidement approprié les différents logiciels et ont montré une certaine aisance. Les résultats obtenus confirment les hypothèses de départ, l’écart entre ceux-ci est dû en grande partie au fait que ces élèves souffrent d’une dysphasie sévère ce qui affecte leur rythme au niveau de la compréhension et de l’exécution.

 

Évaluation

Evaluation continue avec grille d’observation. Mais, cela n’a été possible que dans le plus petit groupe où les élèves démontrent un peu plus d’autonomie. Rencontres individuelles avec port folio et productions de l’élève. C’est surtout cette méthode qui est efficace. L’échéancier a été respecté sauf en ce qui concerne la troisième réalisation, celle de la bande annonce des films de l’année.

Voici les principales étapes :

Premier court métrage : de septembre à novembre

  • 1. Mise en commun des problématiques des élèves.Réflexions, discussions sur soi et les autres (thème : la communication). 
  • 2. Visionnages de courts métrages d’animation et d’arts et d’essais d’élèves et de professionnels. 
  • 3. Ateliers d’animation de l’ONF.
  • 4. Élaboration d’un scénarimage. 
  • 5. Création d’un babillard exclusivement utilisé pour l’exposition de photos du projet en cours.
  • 6. Rencontres avec un bédéiste (lien entre images et émotions).
  • 7. Court feuillettoscope filmé (dessin animé) et création de la bande sonore.

Deuxième court métrage : de décembre à avril

  • Les artistes invités ;
  • L’animateur du RÉCIT pour ses conseils ; 
  • Les libérations pour planifier, trouver des ressources et suivre des formations ;
  • L’accès à des ordinateurs performants achetés pour le projet et disponibles en classe ;
  • Un local réservé pour ce projet.

Conditions défavorables : 

  • Pas assez de périodes (3 périodes et demie, dans le meilleur des cas, par cycle) ;
  • Aucun perfectionnement sur la dysphasie ;
  • L’agent de milieu n’a pas été disponible pour donner des ateliers d’improvisation ;
  • La possibilité d’un changement de local jusqu’en novembre ; 
  • Une classe de 10 élèves dont trois TDHAA non médicamentés une bonne partie de l’année ;
  • Déménagement de l’école : la personne ressource affectée au site de l’école Évangéline est partie.

 

Ressources humaines

  • 1. Monsieur Martin Vaillancourt, conseiller pédagogique au bureau du développement des TIC en pédagogie est venu en classe afin de proposer certains modes de diffusion des films et de méthodes d’évaluation des élèves.
  • 2. Les artistes invités ont beaucoup apporté. Monsieur Gérard Goulet d’Animation Macaques, animateur professionnel, Monsieur Pierre Sirois, bédéiste et illustrateur, Monsieur Olivier Ducas du Théâtre de la Pire espèce, Monsieur Mario Girard (Vromb) et l’Oeil cinématographique ont permis aux élèves de s’approprier le langage cinématographique (mouvements de caméra, angles de prises de vue, plans, éclairage et son en lien avec le message) et les connaissances de base de l’animation traditionnelle (mouvement, vitesse en lien avec l’expression et le découpage technique).
  • 3. L’orthophoniste et la psychoéducatrice et les orthopédagogues m’ont donné de précieux conseils sur la façon de présenter le contenu des cours et de m’adresser aux élèves.
  • 4. Une technicienne en éducation spécialisée est venue en classe à plusieurs reprises afin de m’épauler dans le soutien des élèves.

 

 

Ce projet est réalisable dans un autre milieu.

  • 1.Rencontre avec un animateur du RÉCIT.
  • 2.Connaissance de l’animation (théorique et pratique) et de la bande dessinée. Des ateliers à l’ONF pourraient être nécessaires.
  • 3.Un équipement performant : une caméra numérique munie d’une grande focale, un bon trépied et des ordinateurs Mac. Les logiciels de montage fournis avec l’ordinateur peuvent faire l’affaire pour débuter.Un local spacieux ou du rangement pour les décors et personnages. Petits groupes d’élèves (24 et moins).Passé 12, ils doivent être assez autonomes.Avoir du temps est crucial. Les libérations sont nécessaires pour s’organiser et aller chercher des ressources et de l’information.

 

Diffusion du projet

Http ://www.csdm.qc.ca/evangeline

http://www.portail.csdm.qc.ca les adresses fournies ne mènent pas au projet.