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La correction de texte : Du papier à l’écran

Responsable du projet en milieu scolaire :  Genviève Marcoux et Ruth Poulin

Clientèle visée et ordre d’enseignement : Élèves EHDAA, Français, 2e Année Du 2e Cycle Du Secondaire

Nom de l’école principale : Polyvalente de Saint-Georges,

CS Beauce-Etchemin

 

Résumé du projet :

Le projet consiste en une nouvelle méthode de correction pour la compétence « Écrire » en français. Celle-ci s’inspire d’une façon de faire mise au point par Julie Roberge, professeure à UQAM, présentée dans son livre : « Corriger les textes de vos élèves : Précisions et stratégies ». En 2008-2009, Mme Julie Potvin, alors orthopédagogue à la Polyvalente de St-Georges, a soumis un projet au MELS, qui consistait à reprendre la méthode de Mme Roberge tout en la bonifiant, c’est-à-dire qu’elle y a intégré les TIC et a ciblé les élèves EHDAA pour l’expérimentation. En 2009-2010, Mme Potvin ayant changé d’école, le projet a été mis entre nos mains pour sa réalisation.

Le principe est de créer un enregistrement audiovisuel qui présente la correction du texte de chacun des élèves en temps direct, c’est-à-dire avec des traces et commentaires verbaux synchronisés. Pour ce faire, nous avons utilisé des ordinateurs portables munis de tablettes PC nous permettant d’ajouter des notes manuscrites directement sur la copie informatique des élèves et d’enregistrer tout commentaire. Cette méthode a été utilisée à trois reprises lors de pratiques préparatoires aux évaluations en écriture. Les élèves composaient un premier texte selon le genre étudié, les enseignantes créaient ensuite la vidéo de la correction pour chaque texte. Dans une période ultérieure, plutôt que de recevoir une copie papier corrigée, les élèves écoutaient et regardaient la correction de leur texte sur ordinateur. Cette vidéo personnalisée contenait des commentaires autant au plan de la structure du texte de l’élève que de la qualité de sa langue.

 

Problématique

Le problème identifié est que les élèves éprouvent d’importantes difficultés concernant la compétence en écriture. En effet, la cohérence du texte aAinsi que la qualité de la langue laissent à désirer pour la majorité d’entre eux. De plus, les efforts des enseignants et les nombreuses heures de correction ne semblent pas donner les résultats espérés. Par ailleurs, les élèves ne se donnent pas la peine ou ne comprennent pas les commentaires et/ou les codes de correction des enseignants. Parfois même, les copies sont rapidement rejetées après consultation de la note finale seulement. Du point de vue de l’enseignant, la correction peut s’avérer frustrante puisqu’il est impossible de noter tous les commentaires susceptibles d’aider l’’élève, car la tâche serait beaucoup trop lourde compte Ttenu du nombre d’élèves et du temps de correction disponible. Ainsi, la démarche de correction traditionnelle n’atteint pas ses objectifs de part et d’autres.

Le projet intial qui a été soumis ciblait uniquement les élèves en difficulté d’apprentissage. Cependant, quand nous avons amorcé sa réalisation, en Janvier 2010, nous avons décidé d’élargir notre clientèle cible à un groupe complet, dans le but de valider la méthode de correction auprès d’élèves de toute sorte (forts, moyens et faibles).

Mis à part les deux principales responsables du projet, Geneviève Marcoux et Ruth Poulin, les autres intervenants sont :

- La conseillère pédagogique responsable du dossier informatique Mme Denise St-Pierre, qui nous a soutenu et conseillé dans l’élaboration et la réalisation informatique du projet.

- La conceptrice du projet initial : Mme Julie Potvin, orthopédagogue, qui nous a renseigné sur le projet initial.

- L’enseignante du groupe témoin : Mme Marie-Ève Gilbert, qui a collaboré pour l’harmonisation des travaux demandés et de leur correction.

- La direction d’école : M. Germain Ouellet, qui a autorisé l’achat de matériel supplémentaire pour la réalisation du projet et qui a favorisé la diffusion de celui-ci à maintes reprises.

 

 

 Compte-rendu

Le projet devait au départ débuter en septembre 2009. Toutefois, le changement d’orthopédagogue dans notre école a retardé son amorce. En janvier 2010, le projet débutait avec deux responsables plutôt qu’une et avec une classe complète plutôt qu’avec quelques élèves seulement. Par la suite, le projet s’est déroulé selon nos prévisions.

 

Description des étapes de réalisation :

Décembre-Janvier : Prendre connaissance du projet initial de Mme Potvin et des exigences du MELS.

Janvier :

-S’approprier le fonctionnement de la tablette PC

-Tâtonner pour la sélection des outils informatiques avec l’aide de la conseillère pédagogique

-Nous avons finalement opté pour l’écriture des textes avec « Microsoft Word » ; avec lequel nous pouvons

faire nos commentaires manuscrits (grâce à la tablette PC),

- Pour l’enregistrement et la création de la vidéo, nous avons utilisé le logiciel « NOTE BOOK » ; l’outil

« enregistrement ».

-Préciser les étapes de réalisation du projet, mise au point de notre méthode

-Création des grilles de correction ;

* Les grilles créées ne répondent pas aux critères de la réforme scolaire. Nous les avons bâties afin de pouvoir "chiffrer" les résultats dans le but de mieux pouvoir les comparer et analyser les améliorations et/ou les dégradations.

Février :

-1ère correction (mise à l’épreuve) Texte argumentatif sur l’euthanasie

- Composition en classe et au laboratoire informatique

- Dépôt des textes sur le bureau virtuel de la CSBE

- Récupération des travaux sur le bureau virtuel de la CSBE

- Correction sur tablette PC et création de la vidéo contenant les commentaires et traces synchronisés

- Dépôt des vidéos de correction sur le bureau virtuel de la CSBE

- Visonnement des vidéos de correction par les élèves

- Prise de notes des commentaires reçus (structure du texte et qualité de la langue)

- Améliorations des textes par les élèves selon les commentaires reçus

-2e correction : Texte argumentatif sur l’utilisation de l’énergie nucléaire

- Même démarche

Mars :

-3e correction : Texte argumentatif : Sujet au choix :l’exportation de l’eau, la téléréalité et la chirurgie esthétique

- Même démarche sauf que la correction a été effectuée sur les textes manuscrits que nous avons numérisés. Cette façon de faire n’a pas été concluante puisque les fichiers PDF alourdissent énormément les fichiers. Le temps de création de la vidéo devenait problématique. Cette troisième correction ciblait uniquement la qualité de la langue et a été suivie d’un travail d’analyse sur les faiblesses spécifiques en orthographe de chacun des élèves.

Avril- Mai :

4e correction : Texte de recommandation sur le roman

- Même démarche avec copie informatique

Mai-Juin :

- Rédaction par les élèves du texte de recommandation : Évaluation fin d’année

- Création d’une base de données pour la compilation et l’analyse des résultats

- Compilation des résultats des différents textes pour le groupe cible et groupe témoin

- Analyse des résultats et conclusions de la démarche

- Rédaction du bilan final du projet pour le MELS

- Diffusion du projet et de ses résultats.

 

 

 Résultats obtenus

Analyse quantitative : tous les tableaux de compilation des résultats sont mis en annexes.

1-Textes argumentatifs : il n’y a pas de comparaison avec le groupe témoin puisque la pratique n’a pas été corrigée systématiquement. nous avons donc analysé seulement les résultats du groupe cible de la pratique à l’évaluation.

Introduction : amélioration moyenne de 8,97%, (18 élèves sur 26 se sont améliorés).

Prise de position : amélioration moyenne de 2,99% (11 élèves sur 26 se sont améliorés et 9 sont restés stables).

Argumentation efficace : amélioration moyenne de 10,26% (20 élèves sur 26 se sont améliorés).

Conclusion : amélioration moyenne de 5,77% ( 15 élèves sur 26 se sont améliorés).

Articulation du texte : amélioration moyenne de 29,49% ( 18 élèves sur 26 se sont améliorés).

Vocabulaire : amélioration moyenne de 4,23% ( 11 élèves sur 26 se sont améliorés et 11 sont restés stables).

Syntaxe et ponctuation : amélioration moyenne de 1,92% ( 13 élèves sur 26 se sont améliorés).

Orthographe : détérioration moyenne de 14,81% (seulement 4 élèves sur 26 se sont améliorés et 10 sont restés stables).

Résultat final : amélioration moyenne de 2,50% (13 élèves sur 26 se sont améliorés). d’ailleurs, nous avons constaté des améliorations se situant entre 0% et 26%.

 

Nous avons également réuni les critères concernant la structure du texte (le fond). d’ailleurs, nous avons constaté des améliorations se situant entre 0% et 28,33%.

Amélioration moyenne de 8,27% (21 élèves sur 26 se sont améliorés).

On peut donc conclure que la méthode de correction est très efficace pour aider les élèves à s’améliorer en ce qui a trait à la structure du texte.

Les critètes concernant la qualité de la langue (la forme) ont aussi été regroupés.

Détérioration moyenne de 6,44% (seulement 8 élèves sur 26 se sont améliorés et 17 élèves ont baissé).

On peut attribuer cette baisse à l’utilisation de l’ordinateur lors des pratiques, car nos appareils sont munis de correcteur orthographique et grammatical, outil qui leur a permis de repérer et de corriger leurs erreurs. l’examen étant fait en classe de façon traditionnelle (manuscrite), les élèves n’ont pu profiter de cette aide, ce qui explique alors la détérioration de leur résultat dans ces critères.

 

2-Analyse d’erreurs

Tout d’abord nous Voulions confronter l’efficacité de notre méthode sur la qualité de la langue (syntaxe, ponctuation, orthographe d’usage et orthographe grammaticale). Nous avons constaté certaines améliorations, en comparant les évaluations seulement puisque les pratiques sont à l’ordinateur. les améliorations observées sont au plan de l’orthographe d’usage : 1,10% et au plan de l’orthographe grammaticale 2,24%. Concernant la syntaxe et la ponctuation, les résultats se sont détériorés. Il nous apparaît donc que la méthode est plus aidant en ce qui a trait à la structure du texte.

 

3- Textes de recommandation

Pour ce troisième essai, nous avons recueilli des résultats provenant du groupe témoin. nous comparerons donc les améliorations entre les deux groupes.

 

Groupe cible groupe témoin interprétations

Introduction : -0,34% -5.38% -le groupe cible subit une baisse moins importante (5,04% de différence).

Développement : +7,02% + 5,49% -le groupe cible obtient une amélioration plus importante (1,53%)

 

Groupe cible groupe témoin interprétations

Conclusion +10,92% +7,37% -le groupe cible connait une amélioration plus importante (3,55%)

Vocabulaire : -2,76% -11,54% -le groupe cible subit une détérioration moins importante (8,77%).

Syntaxe +0,52% -5,19% -le groupe cible connait une petite ponctuation amélioration, tandis que le groupe témoin subit une grosse baisse, pour une différence de 5,71%.

 Orthographe : -9,83% -0,96% -l’utilisation de l’ordinateur lors des pratiques biaise les résultats du groupe cible.

Résultat final : + 1,10 % - 1,50% -le groupe cible connait une amélioration, tandis que le groupe témoin subit une baisse, 1,6% de différence.

Structure du texte : +4,94% +0,92% -le groupe cible connait une (fond) amélioration plus importante (4,02% de plus).

Qualité de la langue : -4,66% -3,10% - le groupe cible subit une baisse plus (forme) importante (1,56% de différence). cause : ordinateur lors de la pratique.

On peut conclure que notre méthode de correction a permis aux élèves du groupe cible de réaliser des améliorations plus significatives. Par ailleurs, il semblerait que l’évaluation finale comportait une double contrainte quant au respect du sujet, ce qui n’était pas le cas lors de la pratique. cette différence explique la faible amélioration comparativement le texte argumentatif. Cependant, une constante se dessine, l’efficacité de la méthode quant à la structure du texte.

 

Analyse qualitative :

À deux reprises, nous avons questionné les élèves quant à leur appréciation de cette méthode. La compilation des résultats est mise en annexe, voici ce qu’il en ressort.

La grande majorité des élèves apprécient cette méthode. Ils croient qu’elle est aidante surtout au plan de la structure du texte et de la structure de phrases. Nous avions fait le même constat précédemment. Ils ont beaucoup apprécié entendre les explications détaillées de leurs propres erreurs, ils les ont mieux comprises et retenues. Ils se sont sentis davantage interpellés grâce à la vidéo personnalisée. Les élèves croient que cette méthode devrait être utilisée tout au long de l’année lors des pratiques. Enfin, ils proposent quelques changements, tels que restreindre la longueur de la vidéo, avoir la version papier du texte corrigé en même temps que la vidéo et miser davantage sur la structure du texte dans les commentaires. pour notre part, nous constatons que cette méthode est davantage appréciée et utile auprès des élèves moyens et faibles, car les plus forts jugent qu’ils en ont trop à écouter pour ne constater que quelques erreurs.

 

Diffusion du projet

 

L’école et la commission scolaire. puisque le projet a démarré plus tard, soit en janvier, les résultats à compiler ainsi que l’analyse ont été faits en début juin. Pour ce faire, nous n’avons pas eu l’occasion de présenter ces résultats à nos collègues de manière concrète. Toutefois, la direction d’école a profité de toutes les occasions possibles en cours de réalisation du projet pour en discuter et valoriser ce projet. Dès le début du projet, en janvier 2010, la direction de l’école l’a présenté en tant que « bon coup » réalisé dans notre école. Ainsi, nos collègues de travail étaient au courant de la mise en place de ce projet. par ailleurs, plusieurs d’entre eux ont cherché à voir et connaître cette méthode de correction. Ainsi, quelques démonstrations Informelles ont été faites en cours de route.

Dans ce même bouche à oreille, nous avons été mis en contact avec la ressource régionale pour les enfants non-voyants. d’abord appelée concernant un élève de l’école, les gens de la ressource régionale ont été mises au courant de ce projet. Elles en ont été enchantées, principalement dû au fait que l’élève pouvait entendre la correction, ce qui met à profit son sens le plus développé. De plus, toujours d’abord dans le but de favoriser l’intégration d’un élève EHDAA, la responsable de la ressource régionale pour les élèves mal-entendants a aussi été mise au courant de ce projet. Elle a également été Impressionnée, principalement dû au fait qu’on pouvait voir la correction et que le fait de porter des écouteurs pour entendre cette correction diminuait de beaucoup les bruits environnants. Les gens des différentes ressources pour les élèves ayant un handicap physique sont donc très intéressés par les conclusions de ce projet.

De plus, une directrice d’une école de notre commission scolaire a entendu parlé de ce même projet et a démontré de l’intérêt à connaître davantage cette nouvelle méthode de correction.

D’ailleurs, il est également prévu que les résultats et les conclusions du projet seront diffusés sur le site Web de la polyvalente de St-Georges afin que parents et élèves puissent prendre connaissance des projet d’innovation qui se réalisent dans leur école. Il est également prévu que ces résultats seront accessibles sur le site de la commission scolaire de la Beauce-Etchemin, dans la section recherche et développement.

Enfin, l’orthopédagogue responsable de ce projet fait également partie du comité « agir autrement » dans notre école. De ce fait, elle en a profité pour glisser un mot au comité concernant ce projet et il s’est par ailleurs Inscrit dans nos moyens afin de favoriser la réussite des élèves en difficulté d’apprentissage.

La majeure partie prévue pour la diffusion du projet par conférence et présentation sera davantage réalisée au cours de l’année scolaire 2010-2011.

 

Possibilité de transfert et de reproduction

Dans un premier temps, il sera possible de reproduire ce projet grâce à la diffusion sur les sites Web mentionnés précédemment. Par ailleurs, l’exemple d’une vidéo pour un élève sera accessible, il sera donc possible de visionner pour mieux comprendre la méthode de correction à l’écran. Cependant, il est clair que les enseignants qui voudront utiliser cette méthode avec ces mêmes outils auront probablement besoin d’une petite formation pour apprendre à utiliser efficacement les outils, ce qui permet par le fait même de ne pas avoir à tâtonner comme nous avons eu à le faire. cette méthode de correction n’est pas bien compliquée, il suffit par contre d’avoir en main les outils informatiques tels que la tablette pc ainsi qu’un logiciel permettant de créer une vidéo. La démarche utilisée sera également décrite en détail afin que tous puissent l’utiliser adéquatement. enfin, il serait fort intéressant d’élargir la clientèle et les matières quant à cette nouvelle façon de corriger nos élèves. L’accompagnement et le « coaching » serait sans aucun doute grandement apprécié de la part des collègues voulant mettre aussi en place une telle méthode.

De ce fait, cette dite correction, qui a été utilisée ici pour le français écrit, peut être applicable à plusieurs autres matières. En effet, la tablette pc permettant de faire des commentaires manuscrits peut être utilisée dans tout autre matières. Par conséquent, toute correction pourrait devenir intéressante à être enregistrée et disponible en tout temps, ou de créer une correction plus personnalisée à chacun des élèves. d’ailleurs, des enseignants de mathématiques ont apprécié cette nouvelle méthode et aperçoivent une voie possible pour leur correction d’examen nécessitant beaucoup d’écriture et étant difficile à expliquer les erreurs sur papier.

Pour l’instant, il ne semble pas être question que ce projet soit repris ailleurs prochainement. cependant, voyant le grand intérêt de plusieurs collègues enseignants, il ne serait pas surprenant que d’autres veulent bien l’essayer et ce, plutôt que prévu, dans notre école. d’ailleurs, comme il a été mentionné plus haut, les ressources régionales pour les enfants ayant un handicap physique (malentendant ou non-voyant) étaient très intéressés par l’idée.

 

Conditions de réalisation

De prime abord, le fait que nous ayons été deux responsables plutôt qu’une a grandement facilité les choses. Une orthopédagogue et une enseignante de français ont fait une équipe plus que complémentaire. La première pour ses connaissances auprès des élèves EHDAA et la seconde pour tout ce qui a trait aux compétences et aux connaissances sur les types de textes à travailler avec les élèves ainsi que la correction en général, l’orthopédagogue étant peu familière avec ces notions. Par le fait même, la libération de l’enseignante de français pour la réalisation de ce projet a permis une plus grande latitude pour les rencontres. D’ailleurs, l’horaire flexible de l’orthopédagogue a également laissé place à plusieurs possibilités de rencontres. Ensuite, une des responsables a de bonnes connaissances informatiques, ceci a donc grandement facilité le projet à cause de l’importante place de l’informatique, et ce, autant pour l’appareil avec tablette PC que pour la création de la base de données. Somme toute, il ne faut surtout pas négliger les élèves du groupe cible qui ont été plus que réceptifs à cette méthode expérimentale. Ils se sont laissés guider et ont bien voulu être les cobayes de ce nouveau projet.

Évidemment, tout bon projet comporte aussi des facettes moins positives. De ce fait, le premier point n’ayant pas joué en notre faveur a été la date de commencement du projet. En commençant en janvier plutôt qu’en septembre, nous avons dû faire écrire les élèves à plusieurs reprises en un court laps de temps afin de pouvoir essayer cette méthode au maximum dans les délais prévus. Les premiers mois ont été éprouvants pour les élèves et pour nous-mêmes qui avons dû faire la correction en très peu de temps afin que les élèves puissent avoir un retour sur leur texte avant d’en produire un autre. De plus, le fait que nous ne soyons pas les initiatrices du projet a aussi été un point qui a compliqué quelque peu le commencement du projet. Il a fallu s’approprier les objectifs, la méthode qui était prévue à la base, établir les contacts avec les personnes concernées. Cependant, le fait que nous l’ayons réalisé et mis à notre main a tout de même été très intéressant.

Aussi, nous avons trouvé ardu de devoir commenter tous les aspects du texte en même temps (structure du texte, syntaxe, vocabulaire, orthographe, ponctuation), tout en voulant créer une vidéo cohérente et compréhensible pour les élèves. Il fallait tout voir d’un seul coup d’œil et tout dire en une seule lecture. Considérant qu’un enseignant doit relire plus d’une fois certains passages, voire toute une copie, avant d’accorder une note finale, cet exercice est très laborieux. Par ailleurs, les résultats ayant démontré que cette méthode de correction est beaucoup plus efficace au niveau de la structure du texte (fond), nous suggérons que cette méthode soit utilisée pour cet aspect seulement, ce qui rendrait la tâche beaucoup plus réalisable pour les enseignants. Cette nouvelle façon de faire permettrait sans doute de recruter davantage d’adeptes.

Dans un autre ordre d’idées, l’informatique a aussi son lot d’embûches. De ce fait, nous avons eu affaire à quelques bogues informatiques en cours de route, principalement lors des écoutes des vidéos par les élèves. Par exemple, les vidéos créées avec les fichiers PDF étaient beaucoup trop lourds et on ne pouvait les télécharger qu’à partir de certains ordinateurs, impossible de le faire à la maison d’ailleurs. Nous avons eu droit aussi à des vidéos qui ne fonctionnaient tout simplement pas dû au transfert sur le bureau virtuel. Somme toute, tous ces petits problèmes informatiques ont été gérés et réglés rapidement. Ainsi, tous les élèves ont pu profiter à chacune des occasions prévues de la correction à l’écran. Aussi, la création de vidéos par NOTE BOOK nécessite quelques minutes pour la création même du vidéo en fichier wmv. De ce fait, nous devions attendre en 3-4 minutes entre chaque copie. Nous nous étions informés auprès des spécialistes, et il apparaît que ce sont les outils les plus efficaces pour ce que nous voulions produire. Malgré tout, ces outils nous ont permis de produire le résultat que nous voulions pour les élèves.

De plus, nous avons eu quelques difficultés concernant le matériel. Nous avions besoin de casques d’écoute pour chacun des élèves. Croyant que tous les élèves en possédaient personnellement, nous n’avions pas cru nécessaire en amener. Cependant, la journée des visionnements, la moitié des élèves n’avaient pas apporter leurs écouteurs. De ce fait, ils ont dû, à tour de rôle écouter leur vidéo en se partageant les casques d’écoute.

Enfin, il ne faut pas oublier, quoiqu’en petit nombre, les quelques élèves qui ne nous remettaient pas leurs travaux. Ainsi, nous devons les éliminer de la compilation, puisqu’on ne peut voir l’évolution.

 

Prolongation du projet

Il est fort probable que le projet puisse se prolonger l’an prochain. Plusieurs collègues se sont montrés intéressés et auraient envie d’essayer cette nouvelle méthode de correction. D’ailleurs, nous avons su démontrer que cela était possible et bénéfique autant pour les élèves que pour les enseignants. Il ne faut surtout pas négliger le fait que les ordinateurs Think Pad restent la propriété de l’école et qu’il sera plus que possible de les réutiliser. Notons également la présence de l’enseignante de français pour l’an prochain à la même école. Ceci facilitera sans aucun doute la poursuite de l’expérimentation, mais surtout de l’évolution de cette démarche de correction. Il serait également fort profitable de tenter cette façon de corriger à d’autres classes, telles que les élèves qui reprennent leur 2e année du 1er cycle du secondaire. En général, il s’agit d’un petit groupe d’élève, il serait donc plus facile de mettre en place cette méthode.

 

 

Quelques réserves restent cependant quant au projet, en ce qui concerne le temps nécessaire à l’appropriation des outils et de la méthode de correction auditive. Les enseignants de français ont déjà une tâche lourde, accepteront-ils de consacrer encore du temps pour la correction même s’il s’agit de nouveaux outils ?

 

Toute la subvention a été utilisée cette année pour les outils et l’expérimentation, ce qui est bien dommage, car la diffusion de la méthode engendrera des coûts qui ne pourront pas nécessairement être absorbés par l’école (budget serré). Il serait regrettable qu’une méthode qui nous semble si innovatrice et porteuse de succès et de motivation pour les élèves tombe dans l’oubli par manque de budget.

 

 

 

 

Adresse web du projet

 Un exemple de réalisation

Texte d’élève en wmv