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Nouvelle génération

Bilan de la première année d’expérimentation

Responsables du projet en milieu scolaire : 

Guylaine Plourde et Céline Richard

Clientèle visée et ordre d’enseignement : 

2e cycle du primaire

Nom de l’école principale : 

Omer-Jules-Désaulniers, CS Chemin-du-Roy

 

Résumé du projet :

Nous sommes deux enseignantes du deuxième cycle du primaire de l’école Omer-Jules-Désaulniers de Yamachiche, dans la Commission scolaire Chemin-du-Roy. Nous travaillons ensemble, depuis maintenant quatre ans. En plus d’être des collègues de travail ayant la chance d’occuper deux locaux munis d’un mur rétractable nous permettant de ne former qu’une seule grande classe, nous sommes également deux bonnes amies et nous avons un plaisir fou à travailler ensemble. Étant deux personnes colorées et dynamiques, les projets nous animent. Nous sommes toujours à la recherche de nouveaux moyens de captiver nos élèves tout en mettant de la passion dans notre quotidien et dans le leur.

C’est suite à un atelier présenté au congrès de l’AQUOPS par Mme Nancy Ouellet au sujet d’une classe TIC au primaire que nous est venue l’inspiration du projet Nouvelle Génération. Nous nous sommes alors mises à imaginer deux classes où chacun des élèves aurait un ordinateur portable comme principal outil de travail. Au départ, cela semblait être un idéal impossible à atteindre, mais comme qui risque rien n’a rien, nous avons uni nos énergies pour tenter de réaliser ce rêve. C’est ainsi qu’après avoir élaboré nos idées, nous avons soumis notre projet à notre directrice de l’époque, Mme Ginette Lahaie, qui a dès lors été emballée par cette idée d’enseignement complètement renouvellé où la diversité et la différenciation pédagogique étaient au coeur des pratiques. Tout comme nous, elle croyait fermement que cette façon de faire amènerait davantage de motivation chez nos élèves tout en permettant de proposer à chacun des défis à leur mesure, ce qui est fort important dans un milieu hétérogène comme le nôtre, où nous devons composer avec des jeunes présentant des difficultés au niveau du comportement ou des apprentissages mais aussi avec des élèves plus doués.

Après son approbation et avec le soutien du responsable Récit de notre Commission scolaire, M. Mario Roy, nous sommes entrés en contact avec l’OPEQ afin de déterminer les coûts approximatifs de l’équipement nécessaire. Nous avons aussi élaboré des plans de réaménagement de nos classes et estimer les coûts de ces transformations. Le montant total des dépenses étant plutôt élevé, il était impossible de débourser les sommes encourues à partir du budget habituel de l’école. C’est alors que nous avons eu l’idée de solliciter les entreprises de la municipalité en leur envoyant une lettre décrivant notre projet et ses objectifs. Nous avons été impressionnées et touchées par une réponse rapide et généreuse de plusieurs d’entre eux. C’est ainsi que, grâce à l’aide de ces généreux partenaires, nous avons pu réunir les sommes nécessaires pour lancer officiellement notre projet. Un grand merci au Club Optimiste de Yamachiche, à A.Trahan Transformation, Autobus Den-Pell, Assurances Jean Villemure, Boiseries J.L.D.L, M.Jean-Paul Diamond ( député), aux Entreprises DenisGélinas, à Excavation Yvan Plante et fils, au Garage Marc St-Yves, au Groupe RCM, à Rénovation Dany Carpentier, Thomas Bellemare, Transport Christian Bergeron et à de généreux parents d’élèves qui ont cru en nous et en ce projet. Sans eux, nos classes ne seraient pas les mêmes !

Nous avons également été informées d’une mesure de soutien financier mise sur pied par la Direction de l’Adaptation Scolaire dans le but de favoriser le développement pédagogique et l’acquisition d’expertise des intervenants et des élèves en adaptation scolaire dans le domaine des technologies de l’information et de la communication, la mesure 30 054. Nous avons donc complété les documents nécessaires pour apprendre en août la bonne nouvelle que notre projet avait été approuvé et que nous étions admissibles à un montant de quelques milliers de dollars pour nos besoins en formation, planification, rencontres avec les conseillers pédagogiques et pour la mise sur pied de ce laborieux projet.

Au cours de l’été et à la rentrée scolaire, des modifications matérielles importantes ont été apportées à nos classes. Nos traditionnels pupitres ont été fixés ensemble par blocs de trois ou quatre afin d’éviter les mouvements une fois les ordinateurs branchés. Une armoire a été construite afin d’accueillir les ordinateurs lors des périodes de travail papier/crayon. L’installation de colonnes et de prises électriques a été effectuée par l’électricien de notre Commission scolaire et nous avons fait l’ajout d’un système d’alarme dans chacun de nos locaux.

Suite à toute cette mise en place, c’est en octobre 2009 que les élèves ont pu débuter l’utilisation quotidienne de l’ordinateur. Une nouvelle façon de faire qui donne un nouveau souffle à notre enseignement et qui rejoint à merveille des enfants issus d’une génération où la technologie est omniprésente, une Nouvelle Génération !

 

 

Compte-rendu de la première année

Les élèves ont pu réaliser une multitude d’activités signifiantes à l’aide de leur ordinateur portable. Deux à trois heures par jour, ils utilisaient l’informatique pour l’apprentissage des différentes matières de base.Ils ont pu découvrir plusieurs logiciels, allant de l’exerciseur au logiciel utilitaire en passant par des applications laissant davantage de place à la créativité. Ainsi, ils ont créé des romans à l’aide de Didapages, des dépliants pour publier les résultats de leur recherche sur Publisher, ont fait des productions écrites ou des dictées avec Word,  ils ont utilisé Power Point comme support à leurs exposés oraux, ont consulté une multitude de sites internet afin de s’informer, se divertir, s’exercer ou lire sur des sujets variés. En arts, ils ont créé avec des logiciels comme Tux Paint et LopArt. Un projet vidéo a été mis sur pied pour élaborer un bulletin de nouvelles d’un bout à l’autre avec des logiciels comme Audacity pour la bande sonore, MovieMaker pour la vidéo et Acid Express qui leur a permis d’inventer une trame musicale. Nos classes étant équipées de tableaux interactifs, les élèves se sont aussi familiarisés avec le logiciel ActivInspire pour créer eux-mêmes des tableaux de présentation. Les élèves en difficulté ont pu bénéficier de l’aide de logiciels comme WordQ en français et réaliser des activités adaptées à leurs compétences étant donnée les nombreux niveaux de difficulté habituellement offerts dans la plupart des logiciels utilisés. Pour leur part, les plus compétents ont eu accès à de l’enrichissement varié et stimulant, adapté à leurs intérêts et à leur personnalité. De plus, grâce à divers exerciseurs, ils ont pratiqué tour à tour le doigté, les tables de multiplications ou de divisions et les conjugaisons de verbes . Enfin, quotidiennement, ils ont utilisé le portail de la commission scolaire pour communiquer entre eux et avec les autres intervenants de l’école, consulter différents fichiers, partager des documents ou accéder à leur communauté classe. Ce projet nous a amenés à participer à différents concours, comme le Défi Interaxion, le prix Reconnaissance du MELS et le Concours des comptables agréés.Il a même attiré l’attention d’un groupe d’enseignants tunisiens qui est venu passer une journée dans nos classes afin de questionner nos façons de faire et de voir l’utilisation pédagogique que nous faisions des technologies de l’information et de la communication.Afin de développer une panoplie de compétences chez nos élèves et de les soutenir dans les apprentissages courants tout en laissant place à la créativité, nous avons, dès le départ, établi une routine commune à nos deux classes. Ainsi, de l’arrivée du matin à la récréation, nous travaillons soit en mode papier/crayon ou à l’aide du tableau blanc interactif. Nous portons une attention particulière à la calligraphie et au travail bien fait, qui sont des conditions préalables à l’utilisation du portable. Dès le retour de la récréation, les élèves vont, à tour de rôle, chercher leur ordinateur. Ils le branchent et s’en suit la routine habituelle : cinq minutes de vérification ou d’écriture de courriels, suivies de 15 minutes de TapTouche ou de TuxMath, en alternance d’une semaine à l’autre.Nous terminons habituellement notre avant-midi par une activité du jour, qui donne à l’élève l’opportunité de découvrir de nouveaux logiciels comme Word, Comic Life, Mini-Book, Movie Maker, Didapages et plusieurs autres. L’enseignante donne d’abord les diverses explications sur le tableau interactif et détermine les limitations à respecter dans les tâches demandées. Les élèves sont ensuite en exploration du logiciel et en exécution du travail à l’ordre du jour. Un surveillance accrue est réalisée par le maître en circulation dans la classe ou à l’aide du logiciel de surveillance Landschool.À chaque semaine, il y a aussi l’utilisation d’une fiche de travail ayant pour nom "Ateliers TIC" dans un format power point, l’élève va sélectionner tous les sites internet que son enseignante a préparés afin de revoir ou de pratiquer des notions vues en classe.Il y a eu de nombreux délais par rapport à l’échéancier prévu, principalement dus au temps requis pour la mise en place et l’aménagement physique des lieux. En effet, des retards au niveau du branchement électrique et de l’organisation de la classe, de la préparation des ordinateurs et de l’installation du mobilier ont fait varier les dates fixées en début de projet. Il faut également mentionner que plusieurs ordinateurs ont dus être retournés à l’OPEQ car ils étaient défectueux, ce qui a eu pour effet de créer un retard supplémentaire. Enfin, nous avons décidé de reporter le volet deux du projet à la prochaine année scolaire, le volet un étant déjà plutôt exigeant au niveau de la conception et de l’organisation de notre enseignement et notre école ayant subi de nombreux changements cette année avec l’arrivée de plusieurs nouveaux enseignants et d’un changement de direction.

 

 

Résultats préliminaires

Dès le début du projet, nous avons remarqué une grande motivation de la part des élèves. Tout d’abord, ils avaient très hâte d’avoir leur portable et le fait d’être une classe à caractère particulier a tout de suite créé un grand sentiment d’appartenance à leur groupe. Une fois les ordinateurs mis en place, leur attitude face au travail a été grandement modifiée. Tout leur paraît plus intéressant lorsque c’est fait à l’ordinateur : une dictée, un travail de français, une nouvelle notion de mathématiques, un travail de recherche ou la lecture deviennent plus colorés, plus animés, plus interactifs et les élèves apprécient cette opportunité que leur offrent les technologies. Comme tout peut être adapté au niveau des plus faibles comme des plus forts, la motivation au travail est grandement accrue pour tous. Plusieurs élèves se découvrent des talents au niveau des tehnologies et se portent volontaire pour aider les autres à régler des problèmes techniques ou à explorer un logiciel. Souvent, ces élèves sont des enfants qui étaient plutôt effacés qui se découvrent un talent et un intérêt qui les valorise et leur donne davantage d’estime d’eux-mêmes. De plus, le produit final de leur travail, présenté tantôt sous forme de livre, tantôt sous forme de tableau de présentation ou bien de vidéo, de journal, de bande sonore, de carte de souhait ou de texte imagé leur procure une fierté certaine, ce qui n’était pas toujours le cas pour les travaux papier/crayon souvent plus brouillons ou pour lesquels les élèves moins méticuleux n’avaient jamais l’impression d’arriver à un résultat satisfaisant visuellement. Ils trouvent donc une grande gratification personnelle dans cette nouvelle façon de faire. Cela les amène même à souhaiter une diffusion de leurs travaux à leurs pairs. Naturellement, ils demandent fréquemment de présenter ce qu’ils ont fait au groupe-classe par le biais du tableau blanc interactif. Nous avons également observé une nette amélioration du comportement chez la majorité des élèves à risque. On dirait qu’une bulle se forme autour d’eux et de leur écran et qu’ils sont davantage concetrés, moins distraits par ce qui se passe autour. Le fait d’avoir des rétroactions immédiates, soit au niveau d’explications supplémentaires grâce à des menus d’aide ou de la correction instantanée diminue les périodes d’attente ou de transition qui sont souvent, dans des grands groupes classe, source de perturbation. Les résultats scolaires de plusieurs élèves ont été significativement augmentés grâce à l’utilisation des TIC quotidiennement. Les situations authentiques de lecture et d’écriture sont multipliées et bénéfiques au niveau des résultats en français. La pratique des tables est facilitée et nous remarquons que nos élèves ont une longueur d’avance à ce niveau par rapport aux groupes des années précédentes. Les habiletés technologiques de ces élèves de troisième et quatrième année sont surprenantes. Ils tapent à deux mains avec un doigté efficace, savent se servir des logiciels de base de la suite Office et découvrent avec assurance les nouveaux logiciels qui leur sont présentés. Ils connaissent les principes de base d’une recherche fructueuse sur le web et sont sensibilisés aux principes de base à respecter pour une utilisation saine, respectueuse et sécuritaire du réseau internet. Leur recours aux technologies est aussi beaucoup plus spontané. Que ce soit pour vérifier une information par le biais du web, créer un montage photos avec Photo-Récit, faire un scrapbooking électronique, présenter un exposé oral avec PowerPoint ou bien pour trouver une image d’un personnage ou d’un lieu célèbre lors des cours d’histoire et de géographie, ils ont tendance à utiliser l’ordinateur dans leur vie quotidienne autant à l’école qu’à la maison.