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Aides technologiques pour les élèves ayant des troubles au niveau du langage écrit de l’ordre de la dyslexie et/ou de la dysorthographie

 

Bilan de la première année d’expérimentation

 

Responsable du projet en milieu scolaire : Suzanne Bernard

Clientèle visée et ordre d’enseignement : 

Onze élèves en troubles au niveau du langage écrit de l’ordre de la dyslexie et/ou de la dysorthographie - 1er et 2e cycles du secondaire

Nom de l’école principale  :

École secondaire La Calypso, Polyvalente de la Forêt et l’école secondaire Natagan, CS Harricana

Résumé du projet

Le projet consiste principalement à outiller dix élèves recevant de la rééducation à l’égard de l’écriture et/ou de la lecture, c’est-à-dire, qu’ils utiliseront en salle de classe un portable et trois logiciels, Kurzweil, WordQ et Antidote, comme aide à l’apprentissage et à l’évaluation, et ce dans les toutes les disciplines sauf les arts et l’éducation physique et à la santé.

Ainsi, ce projet amènera des changements de pratique chez les enseignants qui seront invités, d’une part, à adapter le matériel et, d’autre part, à accompagner les élèves dans leur cheminement scolaire.

Compte-rendu de la première année

Dès le début d’année, nous avons fait numériser tous les volumes et les cahiers d’exercices des élèves afin qu’ils puissent utiliser la synthèse vocale rapidement. Par contre, cette numérisation obligeait les élèves à utiliser un autre logiciel de synthèse vocale : Kurzweil. Une brève formation à l’égard de l’outil a été donnée par la conseillère pédagogique RÉCIT à tous les élèves.
 
De plus, tous les élèves ont reçu des services de rééducation en lecture et en écriture par les orthopédagogues, et ce, sur une base régulière. Par ailleurs, pendant les séances de rééducation, l’orthophoniste a incité les élèves à transférer leurs stratégies lors de l’utilisation des logiciels Kurzweil et WordQ. Quant à l’utilisation
d’Antidote, nous n’avons pas donné une formation exhaustive mais seulement une présentation sommaire du correcteur aux élèves. Toutefois, les élèves l’utilisent assez bien mais nous aimerions optimiser le potentiel de l’outil l’an prochain. 
 
Notre désir était de travailler en collaboration avec tous les enseignants concernés et pour ce faire, nous avions planifié des rencontres et des formations formelles avec eux. Malheureusement, nous n’avons pas donné de formation sur les troubles du langage écrit en lien avec les aides technologiques, et ce par manque de temps.
L’énergie a été mise davantage sur les logiciels, les modalitésd’utilisation, etc. Cependant, en début d’année, nous avons rencontré les enseignants, en petites équipes, et avons traité les points suivants pour chaque élève :
 
• Les difficultés des élèves et les impacts sur leurs apprentissages, les aides technologiques qui seront utilisées, les adaptations possibles et les stratégies à mettre en place.
• Planification des travaux, des SAÉ et des SÉ : nous avons remis une clé USB à tous les enseignants pour l’enregistrement des travaux, des SAÉ et des SÉ. Ces clés USB servent, entre autres, pour les SÉ. Il a fallu instaurer une modalité pour la numérisation des SÉ. Cette numérisation a été réalisée par un personnel de soutien qui acheminait les SÉ par courriel aux enseignants.

Au courant de février, l’utilisation des aides technologiques a suscité des questionnements à propos de la différenciation de l’évaluation, plus spécifiquement sur les mesures d’adaptation et de modification pour ces élèves. Le projet fut le précurseur pour un travail d’équipe. En effet, l’équipe des services éducatifs (direction, coordonnateur et conseillers pédagogiques) a pris le temps de comprendre la signification des concepts : adaptation et modification en lien avec l’évaluation des compétences à lire et à écrire et l’utilisation des aides technologiques. À cet effet, l’équipe a écrit un référentiel qui fut présenté à toutes les directions d’établissement. Au début de mai, nous avons décidé de rencontrer uniquement les enseignants de français et de leur expliquer les mesures d’adaptation et de modification permises pour ces élèves. Les Infos-Sanction 480 et 554 ont été remises sur place lors de la rencontre. C’est une
première ; les enseignants étaient très contents et ont apprécié les explications. Mais il y a bien du travail à faire encore sur la compréhension des valeurs : égalité, justice et équité.
 
En conclusion, les enseignants n’ont pas été libérés pour préparer, planifier, adapter les SAÉ, les SÉ et même pour faire le bilan du projet. L’an prochain, il faut absolument que l’équipe des conseillers
pédagogiques en collaboration avec les orthopédagogues, l’orthophoniste, la conseillère pédagogique en
adaptation scolaire et la conseillère pédagogique RÉCIT soient au clair avec la différenciation pédagogique et se concertent pour donner les services aux enseignants surtout si des modalités d’accompagnement sont prévues (libérations). Une action commune est incontournable et doit être dirigée par le directeur des services éducatifs et complémentaires. De plus, nous offrirons une formation
et un accompagnement aux enseignants sur l’utilisation des aides technologiques afin que ceux-ci puissent davantage soutenir les élèves dans leurs apprentissages.
 

 

Résultats préliminaires

 

Chez la plupart des élèves, leurs résultats scolaires en lecture et en écriture se sont améliorés. Les élèves sont davantage habiles avec les aides technologiques, se sentent plus à l’aise en salle de classe et ont pris confiance en eux. 
 
Le fait d’utiliser la synthèse vocale en français et dans les disciplines à contenu notionnel comme la géographie, l’histoire et les sciences permet à ces élèves d’avoir accès à l’information, d’en comprendre le sens et ainsi de s’approprier les connaissances.
 
Nous avons remarqué que les élèves sont plus autonomes et responsables au niveau de leurs apprentissages. Il est aussi intéressant de noter que la réalisation des tâches s’effectue davantage dans les délais prescrits. En fait, les élèves ont une perception de contrôlabilité des tâches. Par ailleurs, nous constatons une plus grande ouverture à la différence de la part des autres élèves.
 
Lors des rencontres de plans d’intervention, les parents ont réalisé que l’utilisation des aides technologiques apportaient une lueur d’espoir pour la réussite scolaire de leurs enfants.

 

 

Quant aux dépenses, elles ont été utilisées pour l’accompagnement des élèves par les ressources professionnelles principalement en orthophonie et en orthopédagogie et, bien sûr, l’achat des aides
technologiques et la numérisation des volumes.
 
Le processus de numérisation s’est terminé à la mi-avril et a pris bien du temps étant donné qu’il fallait rejoindre tout près d’une trentaine d’enseignants. Pour nous, il était incontournable de fournir aux élèves leur matériel numérique. La tâche fut lourde et coûteuse puisque les maisons d’édition n’ont pas été en mesure de réponde
à nos besoins en contenu numérique. Pour favoriser l’avancement du projet, nous comptons offrir une formation, entre autres, avec Antidote (correcteur orthographique) par un formateur de la compagnie Druide.
 
Ce qui reste à développer est le travail de concertation des conseillers pédagogiques de français et de mathématique ainsi que de la conseillère pédagogique de l’adaptation scolaire au sujet de la différenciation en évaluation, c’est-à-dire, les mesures d’adaptation et de modification à l’égard des SAÉ et des SÉ.