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Fiction et Réalité : réalisation filmique combinant fiction et documentaire sur le phénomène des gangs

Responsable du projet :

Johanne Savard,  deux classes d’élèves dysphasiques de 12 à 15 ans, principalement des garçons, dont le niveau scolaire va de la deuxième année primaire à la sixième année. École secondaire Évangéline

 

Présentation du projet

Les élèves dysphasiques présentent de grandes difficultés à se faire une image d’eux-mêmes et, à plus forte raison, à se situer par rapport à l’autre. Ils sont donc une cible parfaite pour tout prédateur. Les gangs peuvent leur sembler une alternative alléchante, d’autant plus que plusieurs vivent dans des familles éclatées ou dysfonctionnelles. De plus, ils sont, pour la plupart, issus de parents allophones, donc en contact permanent avec deux réalités, ce qui ajoute à la difficulté de se construire une identité. Ce projet cible deux objectifs majeurs : développer la conscience de soi et des autres grâce à différentes activités en lien avec les TIC (vidéo, transformation de photos, site internet du projet et TBI) et sensibiliser ces jeunes au phénomène des gangs par le biais d’invités, de recherches internet, de sondages dans l’école auprès des adolescents et de discussions en conseil de coopération. En plus de ces deux objectifs, deux approches (sensitive et rationnelle), s’étalant sur deux années, seront développées grâce à la réalisation d’un film de fiction et à celle d’un documentaire. La première année, nous exploiterons la fiction afin d’amener l’élève à mieux saisir l’intention de l’autre. Par exemple, puisque décoder les messages non verbaux est une des grandes difficultés de l’enfant dysphasique, nous l’amènerons à participer à un jeu de rôles, d’abord de textes existants (psychodrames) et, ensuite, de son propre scénario qui, enregistré, permettra un retour critique en classe. La deuxième année, le documentaire lui permettra de mieux saisir la réalité, d’observer de façon plus critique le monde qui l’entoure. Tout au long de ces deux années, les élèves auront à maintenir à jour leur site internet où ils publieront le résultat de leurs sondages, de leurs recherches, des photos travaillées, des entrevues filmées, etc. Nous nous attendons à une plus grande appropriation des TIC, une meilleure connaissance et participation au monde qui les entoure, une amélioration de l’estime de soi et des autres, un plus grand souci de l’autre dans la communication, l’utilisation d’un vocabulaire plus précis et une meilleure connaissance de certaines notions mathématiques.

Compte-rendu

Pour la première année, nous avons utilisé les outils suivants : le TBI, la caméscope, la caméra et l’ordinateur.

Malgré le retard de la confirmation de l’acceptation du projet, nous avons pu respecter la quasi-totalité de la planification ambitieuse de la première année.

Le TBI a été utilisé à de nombreuses fins : rédaction de textes collectifs, création de découpages techniques expressifs, visionnement des nombreux vidéos filmés par les élèves lors de leurs exposés sur les résultats de leurs sondages ou sur leurs créations artistiques (peinture intuitive, chandails peints et les représentant, création d’une porte à leur image et utilisée dans leur film) afin de bien analyser les expressions ou le manque d’expression de chacun. Les intervenants l’ont aussi utilisé.

De nombreuses pratiques sur l’expression ont été faites et souvent filmées, même en éthique (dialogue et résolution de conflits).

Ce sont les élèves qui se sont filmés lors des exposés, des ateliers et de leurs tournages. De même pour les appareils photos. Ils ont réalisé leur propre montage (du photorécit, des courts films d’animation, du théâtre d’ombre et de films de fiction). De même, ils ont travaillé le son et créé la musique afin d’atteindre la plus grande justesse émotionnelle. À voir à http://pedagotic.csdm.qc.ca/cinema-animation/ à partir de fin juin.

Les élèves ont composé à l’ordinateur l’ensemble de leurs textes servant de support aux courts métrages en plus des textes de la bande dessinée. Word Q s’est avéré très utile pour la classe de niveau deuxième et troisième année primaire.

Ils ont vécu aussi des ateliers et jeux de rôles touchant des thèmes en lien avec les gangs montés par l’éducatrice spécialisée sous la supervision de la psychoéducatrice, des ateliers d’improvisation dirigée par une des titulaires, des ateliers de mime, de chants et d’expression corporelle, de peinture intuitive, de théâtre d’ombres et de bande dessinée expressive.

Ils ont rencontré le travailleur de rue.

Les élèves n’ont pas pu monter leur blogue, d’abord par manque d’ordinateurs, ensuite dû à des difficultés techniques. Nous le commencerons tôt l’an prochain.

Il n’y a pas eu d’atelier de création sonore (l’artiste n’étant plus disponible) ni d’atelier de maquillage dû au coût exorbitant demandé par l’artiste. Une des titulaires étant partie en congé de maladie, les élèves n’ont pas fait de Brain Gym.

Pour le gala Méritas, les films n’étaient pas prêts.

 

Résultats

Les adultes les plus fréquemment en contact avec ces jeunes ont constaté une amélioration de la plupart des objectifs visés par le projet. Les améliorations les plus marquantes touchent :

  • la persévérance scolaire ;
  • une plus grande participation à la vie de l’école ;
  • de meilleures habiletés sociales.

Pour la structure de travail, une plus grande imagerie mentale.

Pour la connaissance de soi, une perception plus juste de soi-même et de son potentiel, une plus grande estime de soi et des autres et une autonomie plus marquée.

Il va de soi que ces élèves ayant été en contact permanent avec différents outils technologiques, ils se les ont appropriés. En ce sens, le TBI a permis de développer un plus grand esprit d’entraide, un accueil favorable des idées et conseils de l’autre, une pensée critique et une motivation accrue et, bien entendu, des acquis dans les matières de base.

La qualité des échanges s’est grandement améliorée : structure de pensée plus cohérente, critique et personnelle comportant les éléments essentiels à la compréhension du message en tenant compte du destinataire et l’utilisation d’un vocabulaire expressif plus nuancé.

Par contre, nous avons encore à développer certains objectifs :  

  • reformulation dans l’intention de vérifier sa compréhension ;
  • justification de son opinion ;
  • adéquation entre le verbal et le non verbal (pour certains) ;
  • discrimination de l’information.

 

Pour les structures de travail, nous reverrons l’organisation spatiale et temporelle, le pouvoir d’évocation et d’anticipation.

 

 

Commentaires

 

L’écart au niveau du budget que l’on peut observer est dû au retard de la confirmation de l’acceptation du budget. En effet, deux des artistes n’étaient plus disponibles, ma tâche a été réaménagée, mais j’avais déjà commencé un gros projet de murale avec un de mes groupes de cinquième secondaire que j’ai dû mener à terme. Les élèves des classes langage devaient, de leur côté, terminer différentes activités déjà entreprises avant de plonger dans le projet. Ainsi, en fin d’année, par manque de temps, nous n’avons pas pu filmer avec l’Oeil cinématographique. 

 

Nous désirons reporter cette partie du budget à l’an prochain.