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Aides technologiques pour les élèves ayant des troubles au niveau du langage écrit de l’ordre de la dyslexie et/ou de la dysorthographie
Personne responsable : Jonathan Cossette Onze élèves en troubles au niveau du langage écrit de l’ordre de la dyslexie et/ou de la dysorthographie - 1er et 2e cycles du secondaire,  École secondaire La Calypso ainsi que la Polyvalente de la Forêt

 

Présentation du projet

Le projet consistait principalement à accompagner une dizaine d’élèves du secondaire recevant de la rééducation à l’égard de l’écriture et/ou de la lecture. Plus précisément, les élèves ont utilisé en salle de classe un portable ainsi que des logiciels (ex. WordQ, Kurzweil, Antidote) comme aides à l’apprentissage et à l’évaluation, et ce dans toutes les disciplines sauf les arts et l’éducation physique et à la santé. Un fait nouveau cette année, deux élèves ont travaillé avec le correcteur orthographique en anglais « Whitesmoke ».

Ainsi, ce projet a pour intention à plus long terme d’amener des changements de pratique chez les enseignants qui sont invités, d’une part, à adapter le matériel et, d’autre part, à accompagner les élèves dans leur cheminement scolaire et leur réussite éducative. Ce projet se veut une belle ouverture vers les principes de différenciation pédagogique au niveau de la flexibilité, l’adaptation et la modification.

 

Problématique et contexte

Situation de départ :

Les élèves ciblés par le projet éprouvaient (et éprouvent encore) des difficultés d’apprentissages importantes pour lesquelles nous nous questionnions et sur lesquelles nous voulions intervenir.

 

Problème identifié et besoins à répondre

Étant donné les défis importants qui se dressent devant les élèves, nous voulions donner la possibilité aux élèves ayant un trouble du langage écrit de démontrer leur réel potentiel, et par conséquent leur permettre d’entretenir l’espoir que leur réussite est possible.

Nous voulions répondre aux besoins de ces élèves et leur fournir des services, en l’occurrence, les aides technologiques afin qu’ils puissent être en mesure de bénéficier de ces aides notamment lors de l’épreuve unique d’écriture de 5e secondaire.

Une autre intention recherchée était de leur donner la possibilité de recevoir des services professionnels de la part de l’orthophoniste et de l’orthopédagogue au secondaire afin de mettre en place une rééducation et s’assurer que ces élèves maîtrisent les principales stratégies de dépannage dans le but que l’utilisation des outils technologiques soit une valeur ajoutée dans leurs apprentissages.

Essayer de rendre les élèves autonomes et responsables dans leurs apprentissages et dans la gestion de leurs outils d’aides étaient également des buts à atteindre.

Finalement, au cours du projet, nous avons pris l’orientation de travailler dans les classes de Formation aux métiers semi-spécialisés (FMSS) et de rendre accessible les outils à un plus grand nombre d’élèves. L’intégration du Word-Q s’est fait en collaboration avec les visées pédagogiques et en soutien à l’enseignement.

 

Partenaires et intervenants impliqués :

Les principaux intervenants impliqués auprès des élèves étaient : l’orthophoniste, des orthopédagogues, des techniciennes en éducation spécialisée et des enseignants.

Quant aux partenaires, nous retrouvions : les parents, la conseillère pédagogique en adaptation scolaire, la conseillère pédagogique RÉCIT, les directions d’école et le coordonnateur des services éducatifs complémentaires.

 

Compte-rendu

Actions – interventions effectuées :

Durant le projet, les élèves ont bénéficié de l’accompagnement de l’orthopédagogue et de l’orthophoniste à l’égard des stratégies de lecture et d’écriture et de l’utilisation des aides technologiques en contexte de lecture et d’écriture.

Par ailleurs, les enseignants concernés ont également bénéficié de l’accompagnement des professionnelles impliquées. Les intervenants du projet communiquaient régulièrement avec les enseignants afin de s’assurer que les élèves transfèrent les techniques apprises par la rééducation en contexte d’apprentissage et d’évaluation en salle de classe.

Il y a eu une formation sur la notion des adaptations et des modifications en lecture et en écriture dans un contexte d’évaluation, et ce auprès de tous les enseignants de français qui ont accueilli les élèves dans leurs classes. De plus, une courte présentation des aides technologiques fut réalisée.

Le projet a amorcé une meilleure compréhension des enseignants à l’égard de la clientèle ayant des difficultés d’apprentissage, principalement au secondaire. Les enseignants concernés ont reçu une formation leur expliquant les besoins des élèves, les moyens mis en place et les fonctions d’aide. En outre, les échanges entre les divers intervenants du projet et les enseignants étaient une porte d’entrée afin de leur transmettre l’importance de différencier leur enseignement et leur approche pour les élèves ayant des besoins particuliers.

Outils utilisés :

Les outils utilisés dans le projet étaient : Word-Q, Antidote, Kurzweil et Whitesmoke. L’orthophoniste a également a utilisé d’autres outils tel que des dictionnaires électroniques (ex. Franklin, Lexibook, etc.).

Étapes réalisées et échéancier prévu :

Quelques étapes ont été réalisées dans le délai prévu. (rencontre de coordination des intervenantes pour discuter des plans de rééducation, octroi des outils technologiques aux élèves etc.)

Par contre, au niveau de la formation Antidote offerte aux intervenants impliqués auprès des élèves, elle a eu lieu trop tard durant l’année scolaire (mai 2011). Il va falloir prévoir un réinvestissement et un accompagnement tôt au début de la prochaine année scolaire auprès des enseignants et des élèves à l’égard de cet outil qui offre de multiples possibilités.

Un autre écart observé avec l’échéancier prévu est en lien avec le fait que certains élèves ont changé d’école. Ces changements d’école ainsi qu’un certain manque de coordination dans la transition ont entraîné des retards dans la mise en place des rencontres multidisciplinaires et des plans d’intervention. Dans certains cas, les présentations du portrait des élèves aux enseignants concernés ont été faites tard en début d’année. À certains moments, un manque de communication a apporté certains délais dans l’application de certains plans de travail.

Finalement, certaines améliorations proposées par les membres du comité aux écoles n’ont pas été prises en compte et appliquées dans le milieu. Ces quelques éléments dénotent les principales difficultés vécues par les professionnels associés au projet dans l’accompagnement des élèves et des enseignants. La planification de la transition est un aspect qui a été négligé et sur lequel il faudra apporter des améliorations pour les prochaines années.

 

Résultats

Résultats obtenus :

Certains élèves se sont investis et ont trouvé que les aides technologiques leur apportaient un réel soutien dans leurs apprentissages. Malgré les embûches, ils ont persévéré et ils ont bien réussi leur année. Par contre, pour certains, ce fut plus difficile et quelques-uns ont abandonné l’utilisation des aides technologiques. Tout dépendant du niveau d’autonomie, des choix de l’élève de respecter les consignes reliées à l’utilisation des outils technologiques, de sa motivation, de son engagement, de son aisance à utiliser les outils, les résultats varient et les outils peuvent s’avérer efficaces pour certains ou non pour d’autres. Cela nous amène à se questionner sur le choix des élèves participant dans le projet et ceux qui peuvent bénéficier de ce genre d’outils pour les années à venir. Pour certains, les gains sont visibles et concluants alors que pour d’autres les gains sont moins visibles et peuvent même nuire à leur apprentissage. Ainsi pour un peu plus de la moitié des élèves, l’utilisation des outils d’aides a apporté des effets positifs sur leur apprentissage, sur leurs résultats scolaires et ultimement leur développement de compétence.

Mesures et actions mises en place :

Le projet a d’abord permis à certains élèves de vivre des réussites sur le plan académique en ayant accès à des fonctions d’aide, comme la synthèse vocale, la prédiction de mots et le correcteur orthographique. En effet, les élèves ciblés ont pu utiliser ces outils afin de pallier des difficultés majeures en écriture et en lecture. Une analyse de chacun des élèves par l’orthopédagogue et l’orthophoniste a été réalisée afin d’orienter le choix des technologies d’aide pouvant aider les élèves à mieux contourner leurs difficultés tout en misant sur leurs forces. Tout d’abord, une évaluation des processus en lecture et en écriture s’imposait. En deuxième lieu, les outils ont été proposés aux élèves et une période d’expérimentation s’est organisée ; les élèves devaient utiliser les fonctions d’aide en classe et lors du suivi avec les professionnels. Pendant ces rencontres, les intervenants ont pu observer les résultats liés à l’utilisation de ces outils. Parallèlement, les élèves ont été accompagnés afin de rendre l’application des fonctions d’aide efficace. À travers diverses activités, en sous-groupe ou en individuel, l’orthopédagogue, l’orthophoniste et la conseillère pédagogique ont expliqué aux élèves comment bien se servir des fonctions d’aide et ainsi enrichir les gains apportés par ces outils. D’ailleurs, les intervenants du projet communiquaient régulièrement avec les enseignants, s’assurant que les élèves transfèrent les techniques apprises en classe.

Toujours dans le but de faire cheminer les élèves, un plan de rééducation a été élaboré et appliqué par l’orthopédagogue et l’orthophoniste ; les élèves ont travaillé en sous-groupe, entre une et trois périodes par cycle de 9 jours. Les stratégies de lecture et d’écriture ont été priorisées ; les méthodes de travail faisaient également partie des objectifs. Conséquemment, nous avons observé une amélioration des notes sur le bulletin pour certains élèves et aussi une meilleure utilisation des stratégies lors des tâches complexes. De même, nous avons observé que le bagage de mots globalisés, l’habileté à décoder des mots complexes et la connaissance des règles grammaticales se sont améliorés depuis l’utilisation des fonctions d’aide conjointement aux rencontres en orthopédagogie et en orthophonie. Un questionnaire remis aux élèves nous a permis de constater qu’ils ont apprécié le projet et le soutien offert ; ils ont maintenant davantage accès aux tâches scolaires et leur rythme d’apprentissage est augmenté. Nous observons un meilleur engagement de ces élèves face à leur réussite scolaire.

Dans le même ordre d’idée, le projet a amorcé une meilleure compréhension de la clientèle EHDAA chez les enseignants, principalement au secondaire. Les enseignants concernés ont reçu une formation leur expliquant les besoins des élèves, les moyens mis en place et les fonctions d’aide. En outre, les échanges entre les divers intervenants du projet et les enseignants étaient une porte d’entrée afin de leur transmettre l’importance de différencier leur enseignement et leur approche pour les élèves ayant des besoins particuliers. 

 

Résultats

Atteintes des objectifs vs réussite des élèves EHDAA :

Nous avons constaté de grands bénéfices dans la mise en place d’un accompagnement auprès des élèves afin de les amener à utiliser leurs outils d’aide d’une façon efficiente. L’utilisation quotidienne des outils leur permet de développer des automatismes et des stratégies efficaces pour soutenir leurs apprentissages et réaliser les tâches demandées et par conséquent développer leurs compétences. Plus précisément, nous observons la consolidation des stratégies d’écriture, une meilleure connaissance des classes de mots permet un choix adéquat et plus rapide lorsqu’on utilise le prédicteur de mots. Pour certains on peut voir une amélioration notable dans la correction des fautes. Par exemple avec Word-Q, les élèves intègrent le bon orthographe en relisant constamment sur l’ordinateur.

Tel que mentionné précédemment, l’utilisation des outils d’aide ont été positives pour certains élèves. Un des exemples qui nous permettent d’appuyer ce fait est que lorsque l’orthophoniste a vérifié auprès de certains élèves la différence entre les performances en situation d’écriture avec les outils d’aide et dans d’autres situations similaires sans l’utilisation des outils d’aide et que nous comparons ces résultats d’une année à l’autre, l’utilisation adéquate des outils d’aide est révélateur et avantageux pour les élèves qui prennent la peine de s’investir. Visiblement, nous avons pu observé une amélioration de leurs résultats. L’analyse des besoins des élèves et l’analyse de leurs capacités a également été toujours au premier plan de la démarche.

En somme, le projet a répondu à l’objectif de départ qui était d’outiller des élèves avec des fonctions d’aide en lecture et en écriture. De plus, il devait amener un changement de pratique chez les enseignants à l’égard des élèves ayant des besoins particuliers et nous observons déjà des effets à ce niveau.

 

Diffusion du projet

À l’automne, dans le cadre d’une journée pédagogique régionale tenue pour la région de l’Abitibi-Témiscamingue-Nord-du-Québec, des ateliers conférence ont été donné pour expliqué le projet. À cet effet, un DVD a été réalisé avec deux élèves afin de montrer la façon dont ils utilisent les aides technologiques en salle de classe ainsi que les impacts qu’ils ont eux-mêmes observés sur leur réussite et leur estime de soi. 

Dans le cadre de reportages diffusés à la télévision régionale des projets favorisant la persévérance et la réussite scolaire, le projet a été cité en exemple de pratiques pédagogiques prometteuses et innovantes au niveau de la réussite des élèves ayant des difficultés d’apprentissage.

De plus, le projet a également été mentionné dans le rapport annuel de la Commission scolaire Harricana en 2010 pour faire une description du projet et il a également été cité en exemple lors de la présentation publique offerte à la population.

Un atelier en vidéoconférence nationale a été présenté auprès des conseillers RÉCIT des autres commissions scolaires. Finalement, des informations sur le projet sont disponibles sur le site web suivant : http://recit.nordtic.net/

Diffusion à venir :

Dans un avenir rapproché, il est impératif pour nous d’informer l’ensemble de l’équipe de directions et d’enseignants sur le projet et ses effets. Nous considérons important qu’il y ait une co-animation entre les gestionnaires et les conseillers pédagogiques dans les journées pédagogiques de début d’année dans chacun des milieux auprès des enseignants. La diffusion de l’information sur les assises du projet, les intentions et un accompagnement sur les concepts de différenciation pédagogique (flexibilité, adaptation et modification nous apparaissent essentielles.

Nous souhaitons que les apprentissages faits par ce projet-pilote se répercutent dans plusieurs milieux et auprès d’un plus grand nombre d’élèves. Finalement nous sommes à terminer l’écriture de balises pour encadrer l’octroi et l’utilisation des outils technologiques en salle de classe. Ces balises, en lien avec l’analyse des besoins est également à présenter aux équipes-écoles et permettra de prendre les décisions dans les plans d’intervention dans le meilleur intérêt de l’élève.

 

Possibilités de transfert

Ce projet touchait essentiellement deux écoles secondaires soit une de premier cycle et une de deuxième cycle. Nous croyons que les éléments qui ont fonctionné sont transférables dans d’autres milieux secondaires ainsi qu’au deuxième et troisième cycle du primaire. En lien avec ce qui a été mentionné précédemment, pour aider à transférer ce projet dans ces contextes, il faut d’abord que les équipes écoles soient informées sur les visées de l’utilisation des outils d’aide à la réussite des élèves en difficultés et qu’elles soient accompagnées dans la mise en place de la démarche de réflexion nécessaire avant la mise en place d’un outil pour un élève en particulier. Il faut que l’utilisation d’un outil d’aide soit prévue et convenue dans la démarche de plan d’intervention d’un élève. Nous souhaitons que la mise en place d’outils technologiques soient accessibles à un plus grand nombre d’élèves et que davantage de classes soient outillées plutôt que les outils soient disponibles pour un seul élève. Si l’utilisation s’avère concluante pour certains élèves, il sera facilitant et cohérent de les outiller personnellement.

Dans un autre ordre d’idées, nous savons que ce projet est également en vigueur ailleurs puisque les intervenants en adaptation scolaire au Québec accompagnent de plus en plus les élèves ayant un trouble d’apprentissage avec les aides technologiques. Le RÉCIT national en adaptation scolaire est à pied d’œuvre et les conseillers RÉCIT des commissions scolaires sont aussi impliqués de par l’expertise qu’ils apportent dans les équipes multidisciplinaires. Les modèles organisationnels diffèrent selon le niveau de ressources financières, humaines et matérielles mais nous savons que ce genre d’initiative est en place ailleurs au Québec.

 

Conditions particulières

Conditions facilitantes :

Les intervenants impliqués dans le projet ont été intéressé dès le départ et ont pris beaucoup d’initiatives dès le départ. Ils ont été des précurseurs par leur implication dans le projet malgré quelques embûches qui se sont dressées pendant le projet. Il est important de mentionner la précieuse collaboration de la conseillère pédagogique RÉCIT pour sa supervision afin de s’assurer que tous les élèves bénéficient de l’équipement requis et de rassurer les élèves et les intervenants lorsque des difficultés se présentaient au niveau technologique. Sa disponibilité pour répondre aux divers questionnements en lien avec les outils d’aides est également à souligner. Le support de la conseillère pédagogique en adaptation scolaire a été également une condition facilitante pour la réussite du projet. La réussite du projet a aussi été rendu possible par l’embauche d’une orthopédagogue et d’une orthophoniste puisqu’elles ont fait les liens importants entre la rééducation et l’enseignement en classe tout au long du projet. Leur présence aux plans d’intervention a été rassurante. L’embauche d’une technicienne en éducation spécialisée et le support des secrétaires, notamment dans la numérisation des documents a été nécessaire. Faire appel à des ressources contractuelles qui ont une expertise dans le domaine, sur du personnel oeuvrant déjà à la CSH et le fait de pouvoir compter sur des ressources humaines diversifiées a réellement été une condition favorable. Le choix des élèves qui ont participé au projet a été un élément positif. Même si l’utilisation d’outils d’aide n’a pas été favorable pour tous ces élèves, la diversité des élèves choisis (niveau scolaire, niveau de compétence atteint, niveau de besoins, autonomie etc.) nous a permis de mieux connaître les impacts de l’utilisation de portables et de logiciels chez différents élèves et de connaître les conditions favorables à une mise en place réussie.

La communication entre les intervenants, le travail d’équipe, la collaboration des enseignants qui ont su faire preuve d’ouverture pour permettre que des élèves utilisent des outils d’aide en classe sont à signaler. Le soutien des directions d’école, l’apport du service informatique de la CSH à l’égard des achats des ressources technologiques, du support technique et la numérisation des livres en format Kurzweil ont également facilité la mise en place du projet. Nous avons constaté qu’il était avantageux de donner de la formation aux divers intervenants ainsi qu’auprès de l’élève. Une meilleure connaissance des outils favorise l’implication et la compréhension des avantages et limites des outils d’aide. Par conséquent, le concept de différenciation prend tout son sens. Finalement, nous constatons que l’utilisation de ces outils en contexte d’apprentissage est d’une aide précieuse pour tous les élèves.

Éléments qui ont compliqué la réalisation du projet :

L’absence d’une démarche claire pour identifier les besoins, l’éligibilité des élèves, la manière d’octroyer et de permettre l’utilisation des outils a été un élément qui dès le départ a apporté un lot de désagréments. Un certain manque de communication entre les initiateurs du projet et les gestionnaires ainsi que le manque de temps accordé par les directions dans l’application et le suivi des PIA sont à mentionner. La méconnaissance des enseignants sur l’utilité des outils, les moments propices à leur utilisation et les raisons qui ont permis à des élèves de bénéficier des outils ont aussi été des éléments qui ont compliqué la réalisation du projet au départ. Cela a eu pour effet que certains enseignants n’avaient pas les informations précises sur les tâches à demander aux élèves avec et sans les outils et dans quels contextes c’était favorable et moins favorable. Le classement des élèves dans des classes différentes est un aspect négatif à mentionner. Il aurait été plus facilitant d’en regrouper quelques-uns au sein d’un même groupe. Cela aurait pu éviter les contraintes au niveau des horaires de rencontres avec les professionnels notamment pour la rééducation et cela aurait permis de faire un accompagnement auprès d’un groupe restreint d’enseignants au départ. De plus les élèves concernés auraient pu développer une complicité en se côtoyant fréquemment plutôt que de se sentir « différent » comme ce fut le cas pour plusieurs qui étaient seuls à utiliser un outil d’aide dans leur groupe.

Une fois le plan d’intervention et le plan de rééducation élaborés et présentés aux parents, les rencontres de révision sont souvent difficiles à cibler étant donné qu’il y a plusieurs personnes concernées et que ces divers intervenants ne sont pas tous dans le même établissement. De plus, ils n’ont pas tous le même niveau de compréhension de la différenciation pédagogique et de la visée de l’utilisation des outils d’aides technologiques.

 

Prolongation du projet

Nous avons une intention de poursuivre le projet dans des conditions similaires et pour une clientèle plus importante. Naturellement, notre intention est de poursuivre avec les élèves pour qui l’utilisation des outils est concluante et favorable et d’équiper de nouveaux élèves qui répondent aux critères. Nous avons une volonté d’installer des postes de travail (ordinateurs et logiciels) dans les classes adaptées et classes du secondaire et du 3e cycle du primaire afin d’initier les élèves ayant des difficultés d’apprentissage. Pour que le projet prenne une ampleur, il est impératif pour nous de dispenser des formations aux enseignants et aux intervenants auprès d’élèves en difficulté au niveau de la différenciation pédagogique et dans l’utilisation et le fonctionnement des outils technologiques.

D’ici les prochaines semaines, nous serons en mesure de terminer la rédaction d’une politique claire pour baliser l’octroi et l’utilisation d’outils d’aide pour les élèves ayant des besoins particuliers. Cette démarche étant précisée, nous serons en mesure de connaître l’état de besoin pour l’ensemble de la commission scolaire, d’abord au niveau secondaire, mais également au niveau primaire (2e et 3e cycle). Ce portrait de situation nous amènera vers une réflexion sur les ressources humaines, matérielles et financières à notre disposition. Par exemple, pour assurer les suivis en rééducation nécessaires à l’amélioration des stratégies utilisées par les élèves et leurs processus d’apprentissages, il faut des professionnels ayant une expertise dans le domaine. Toutefois, les ressources en orthopédagogie et en orthophonie ne sont pas toujours évidentes à se procurer pour assurer les rééducations. De plus, dans notre commission scolaire, nous avons vécu plusieurs changements organisationnels importants à divers niveaux (directions d’écoles, changements au niveau des services éducatifs etc.) et nous savons que certaines conditions ne seront pas présentes pour l’année 2011-2012 pour être optimal dans la mise en place de la continuité du projet.

Ajustements à faire :

Ce projet pilote de deux ans nous a permis d’observer les aspects qui ont fonctionné et les aspects à améliorer (p.10). Dans les ajustements importants à faire, nous considérons essentiel que les directions d’école priorisent l’accompagnement auprès des élèves ayant un trouble d’apprentissage dans leurs écoles. Ainsi la diffusion du projet et des actions à mettre en place permettra d’orienter et de préciser le travail des directions et de leurs équipes-écoles à cet égard. L’équipe des conseillers pédagogiques et des services complémentaires doivent aussi être informés des éléments essentiels du projet. Des attentes leurs seront signifiées pour qu’ils poursuivent leur mandat de développement et d’accompagnement auprès des équipes-écoles. Il faut revoir la coordination des services d’orthopédagogie, d’orthophonie et d’éducation spécialisée de manière à rechercher l’efficience (numérisation, liens avec les élèves et les enseignants, planification des plans de travail, des plans d’intervention et des rencontres multidisciplinaires). Finalement, nous trouvons important que la commission scolaire poursuive la mise en place d’un comité EHDAA – TIC composé de directions d’école, de conseillers pédagogiques (en adaptation scolaire, RÉCIT et de matières), d’un responsable des services éducatifs et d’une personne représentant le service informatique. Ce comité aura pour mission de poursuivre l’écriture de la démarche d’utilisation des outils et aura un rôle de conseillance et de soutien lors de questionnements en lien avec les outils d’aides technologiques.

 

Commentaires

Tout d’abord nous désirons souligner toute notre admiration envers les élèves qui ont participé au projet. Ils doivent travailler très fort et persévérer pour réussir, et ce dans un contexte scolaire et sociétal où le travail n’est pas une valeur toujours primée. Ces élèves vivent avec des difficultés qui ne sont pas toujours connues ou même prise en compte dans leur cheminement scolaire... Il est évident que l’utilisation des outils technologiques est en réalité une assistance qui leur permet de réaliser des tâches ou de développer des compétences qu’ils ne pourraient pas, ou pourraient difficilement réaliser sans le support de cette aide technologique et de la rééducation. Les élèves doivent faire preuve d’engagement et de persévérance puisque ce n’est pas miraculeux, mais suffisant pour leur permettre d’atteindre un seuil de réussite beaucoup plus représentatif de leur potentiel. Par conséquent, lorsque les élèves constatent leur amélioration, leur confiance et estime d’eux-mêmes augmentent, puisqu’on vient de semer chez eux L’ESPOIR et la possibilité d’avoir des rêves d’avenir, ce qui à ce jour, pouvait leur sembler « impossible ».

L’accompagnement est crucial et souvent déterminant pour développer une utilisation efficiente et maintenir la motivation des élèves. Le succès du projet repose sur la qualité des services rendus aux élèves. Cette qualité est tributaire du travail d’équipe de tout le personnel de la commission scolaire. Il faut poursuivre la concertation et le travail d’équipe pour la réussite des élèves. Nous sommes conscients que l’utilisation des outils n’est pas magique et que le travail doit être fait au-delà de la simple attribution de ces outils. Finalement, nous désirons remercier chaleureusement le MELS pour avoir permis à la CS Harricana de mettre en place ce type projet et nous en sommes reconnaissants.