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Le iPod Touch au service de l’éducation

Responsable du projet  :

Isabelle Lanciaux , adaptation scolaire au secondaire , école Jean-Raimbault

 

Présentation du projet

Dans un premier temps, les élèves auront à expérimenter diverses utilisations d’un lecteur numérique (iPod Touch) à partir d’une SAÉ dans la classe de français. Grâce à des séquences d’enseignement enregistrées en baladodiffusion, entre autres, les élèves pourront actualiser les stratégies de lecture qui auront été préalablement enseignées explicitement.

Ils auront ensuite à réinvestir ce qu’ils auront appris sur l’utilisation du iPod Touch et des stratégies lors d’activités élaborées dans le cadre des cours de mathématique et d’anglais.

Enfin, les élèves développeront leur compétence métacognitive en enregistrant leurs propres capsules en baladodiffusion. Ces capsules devront, un peu à la manière des séquences qu’ils auront eues en exemple, illustrer leur façon de résoudre un problème, peu importe la discipline.


 

Compte-rendu de la première année

Premièrement, nous avions établi notre échéancier à partir du mois de septembre, car nous croyions que la réponse à notre demande arriverait en mai-juin 2010. Ce n’est qu’à la fin octobre que nous avons reçu la confirmation que notre projet était accepté. Bien que nous ayons reçu la nouvelle avec beaucoup d’enthousiasme, il fallait tout de même repenser notre emploi du temps, car nous ne pouvions délaisser ce que nous avions déjà entrepris. De plus, nous n’avions prévu aucun temps pour la préparation au projet (commande du matériel, configuration des iPod, …), ou plutôt, nous avions prévu faire cette démarche pendant l’été, avant la rentrée des classes. C’est pourquoi le projet s’est réellement mis en branle en janvier seulement. Si nous avons pu produire l’ensemble des éléments prévus, ces éléments n’ont pu être tous expérimentés en cette première année. Nous comptons cependant les expérimenter tous l’année prochaine, ce qui devrait être tout à fait réalisable puisqu’ils se répartissent entre le français, l’anglais et les mathématiques.

Réalisations :

-création d’un outil d’évaluation du projet ; évaluation des élèves ciblés par le projet et du groupe témoin ; analyse des résultats ;

-rédaction d’un protocole d’utilisation pour les élèves et d’une lettre d’entente pour les parents ;

-formation des enseignants de français (adaptation scolaire) concernant l’enseignement explicite des stratégies de lecture ; enseignement explicite en classe de français de quelques stratégies de lecture ; conception de séquences d’enseignement en baladodiffusion (scénarisation des séquences à enregistrer sur baladodiffusion, intégration de cet outil dans l’enseignement, …) ; conception de SAÉ utilisant le iPod et les séquences enregistrées en baladodiffusion ;

-formation sur l’utilisation du iPod en classe ; recherche et appropriation d’applications pertinentes pour le français, les mathématiques et l’anglais ;

-formation sur le logiciel Toonboom (par la CP RÉCIT) ;

-création du site Web ;

-enregistrement de dictées ;

-utilisation du iPod en classe ; connaissance des responsabilités liées à l’utilisation d’un tel outil ; appropriation par les élèves du iPod et de certaines applications (Antidote, dictées individualisées, recherche d’informations, …) ;

-évaluation en mi-parcours afin de mesurer l’efficacité de la démarche ;

-planification d’une participation au congrès de l’AQPF 2011 afin de présenter ce qui a été réalisé jusqu’à présent.

 

 À venir (d’ici la fin de l’année) :

-poursuite de la création de balados ;

-analyse des résultats et ajustement, s’il y a lieu ; préparation du plan d’action pour la 2e phase du projet (année 2011-2012).

 

Résultats

Pour l’instant, nous avons surtout noté des points positifs au sujet de l’attitude des élèves :

-ils se sentent privilégiés de vivre ce projet, ce qui les valorisent par rapport aux autres élèves (ce qui n’est pas rien quand on pense que les élèves des groupes d’adaptation scolaire ont souvent une faible estime d’eux-mêmes) ;

-ils prennent les responsabilités liées à l’utilisation du iPod très au sérieux ; ils ont trouvé eux-mêmes les principales règles à suivre concernant son utilisation en classe ;

-ils ont vite deviné certains avantages que cela pourrait leur procurer (plus besoin de Bescherelle, de dictionnaire volumineux ; rapidité d’exécution, recherche Internet facilitée, …) ;

-ils trouvent le iPod plus pratique que le iPad, qui est plus gros et prend davantage d’espace sur le bureau (alors que les enseignants préfèreraient le iPad parce qu’ils ont l’impression de pouvoir mieux surveiller l’usage qu’en font leurs élèves).

Les élèves du groupe ciblé viennent pour la pluapart d’un milieu défavorisé. Une seule élève parmi les 17 de la classe possédait déjà un iPod ; cependant, si certains se sont montrés quelque peu craintifs au tout début quant à l’utilisation de ce nouvel outil, il leur a fallu au plus une période pour se familiariser avec lui et se sentir à l’aise de l’utiliser.

La petitesse de l’écran n’est pas un frein pour les élèves puisqu’ils ont mentionné d’emblée que la lecture se faisait très bien.

Notre intention pédagogique quant à l’utilisation des TIC en classe, de façon générale, vise à augmenter la capacité d’adaptation des élèves face aux nouvelles technologies (présentes et à venir), mais aussi à leur faire prendre conscience que ces outils n’ont pas qu’une fonction ludique, mais peuvent leur rendre de grands services, même une fois leur scolarité terminée. En ce sens, comme l’utilisation du iPod dans le cadre de ce projet ne se fait qu’en contexte d’apprentissage, les élèves ont été à même d’en apprécier la valeur. Le fait d’utiliser des iPods appartenant à la commission scolaire a peut-être contribué à cette prise de conscience (les iPods ont été configurés de façon à ne pouvoir recevoir de nouvelles applications sans le consentement de l’enseignante, entre autres), mais nous espérons qu’à long terme, nous réussirons à convaincre les autres enseignants d’accepter les iPods de leurs élèves comme outil de travail et de les intégrer dans leur enseignement. La plupart des enseignants à qui nous avons parlé du projet ont pour l’instant peur de perdre le contrôle de la classe s’ils laissent entrer les iPods, mais l’avancement du projet nous laisse croire qu’il est beaucoup plus facile de surveiller l’utilisation du iPod lorsqu’on permet ouvertement sa présence en classe (on peut mieux surveiller lorsqu’ils sont placés à la vue sur les bureaux que cachés dans les vêtements !) et qu’un protocole a été établi d’avance.

Une enseignante de cette école (en univers social) souhaite d’ailleurs faire un projet avec les iPods de ses élèves l’an prochain.